Partir pour la famille : Un portrait de la société à travers la natalité

Par Éditions Nordiques 12:00 AM - 30 janvier 2013
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Dans «Partir pour la famille», une exposition présentée au Musée régional de la Côte-Nord, l’ethnologue Suzanne Marchand aborde les croyances et les pratiques entourant la naissance au sein de la société québécoise durant la première moitié du 20e siècle. À travers six thématiques, elle permet aux visiteurs de mieux comprendre les enjeux de l’époque en matière de maternité.

Suzanne Marchand a eu l’idée de cette exposition, alors qu’elle travaillait sur sa thèse de doctorat entourant le rapport que les gens entretenaient avec leur corps dans les années 1900-1950. «Je terminais la rédaction des premiers chapitres de ma thèse de doctorat autour de la fécondité, la grossesse et l’accouchement. J’ai alors pris conscience que cela serait un excellent sujet d’exposition. J’ai donc approché la Ville de Québec pour leur soumettre mon idée», a précisé celle dont l’exposition a été présentée pour la première fois dans l’arrondissement Ste-Foy-Sillery de Québec.

L’exposition «Partir pour la famille» est le résultat de plusieurs mois de travail au cours desquels l’ethnologue est partie à la recherche d’images d’archives et d’objets. Il est important de souligner que la version présentée au Musée régional de la Côte-Nord comporte également quelques objets issus de sa collection dont une croix provenant de Havre-Saint-Pierre, utilisée lors des funérailles d’un enfant et un berceau en bois.

«Il est incroyable qu’on en sache aussi peu sur cette période où les familles avaient de nombreux enfants, constate-t-elle. À cette époque, une famille sur cinq avait 10 enfants au plus. C’est aussi, à ce moment-là, que plusieurs enfants considérés comme illégitimes, c’est-à-dire conçus hors mariage, étaient confiés aux crèches. Dans les années 40, il y avait plus de 700 enfants seulement à la crèche St-Vincent-de-Paul de Québec.»

Pour tracer un portrait de la société de la première moitié du 20e siècle, Suzanne Marchand utilise six thématiques en lien avec la natalité. Il s’agit de la fécondité, la grossesse, l’accouchement, le baptême, les soins aux nouveau-nés et la mortalité infantile et maternelle. On y fait, entre autres, référence à une ceinture d’infertilité pour les hommes, à des produits pour boucler les cheveux des enfants, aux gaines que les femmes portaient pour cacher la grossesse ainsi que du fort taux de mortalité infantile.

«Quand l’exposition s’est terminée, j’ai demandé à ce qu’on me prête le matériel pour qu’elle puisse connaître une seconde vie. J’aimerais bien qu’elle puisse faire le tour du Québec. Elle reflète bien notre histoire et j’invite les gens à la voir. De plus, je suis très satisfaite du montage effectué par l’équipe du Musée. C’est la plus belle version que j’ai vue jusqu’à maintenant et les objets ajoutés y apportent vraiment un plus», conclut Suzanne Marchand dont l’exposition sera présentée jusqu’au 24 mars à Sept-Îles, pour ensuite se diriger à Drummondville.

Le vernissage s’est tenu au Musée régional de la Côte-Nord, le 23 janvier dernier. Lors de l’événement, l’ethnologue Suzanne Marchand était présente sur place afin de présenter l’exposition « Partir pour la famille». On la voit ici en compagnie de deux membres de l’équipe du Musée, Marjorie Bélanger et Christine Lebel. Il est à noter qu’un livre explicatif sur l’exposition est aussi en vente au coût de 25 $ à la boutique du Musée. (Photo : Le Nord-Côtier)

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