L’état de la Baie de Sept-Îles inquiète des citoyens

Par Fanny Lévesque 12:00 AM - 17 avril 2012
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Après avoir contribué à l’avancement du dossier de la qualité de l’air à Sept-Îles – Québec a accepté d’installer une station d’échantillonnage pour une période d’un an – le Comité de défense de l’air et de l’eau et le Regroupement pour la Sauvegarde de la grande Baie de Sept-Îles s’inquiètent de l’état de la qualité de l’eau dans la Baie de Sept-Îles. Les représentants revendiquent entre autres une meilleure concertation de la grande entreprise pour veiller à la préservation de l’endroit.

Qu’il s’agisse de l’ajout d’une troisième phase d’expansion de l’Aluminerie Alouette ou de l’exploitation de la mine d’apatite, les deux comités de citoyens craignent des effets cumulatifs qu’entraînera l’arrivée de nouveaux projets de développement dans la Baie de Sept-Îles.

«Ce n’est pas notre intention de bloquer des projets, mais bien de tendre vers les projets les plus verts (…) La population sera appelée à faire des choix et pour ce faire, elle devra être bien informée», a expliqué le porte-parole du Comité de défense de l’air et de l’eau, Denis Bouchard.

Les citoyens revendiquent la réalisation d’une étude approfondie de l’état actuel de la Baie de Sept-Îles, avant l’arrivée de nouveaux projets. «Il faut voir avant tout comment se porte le milieu récepteur, sa caractérisation initiale», a ajouté M. Bouchard. Un comité aviseur pourrait être par exemple créé, suggère les représentants, afin d’améliorer la concertation entre la grande industrie.

«Même si une entreprise respecte les normes du gouvernement, il faut quantifier les impacts de l’ensemble des entreprises (…) Ça fait par exemple plus de 50 ans que Mines Wabush fait du rejet dans la Baie», a indiqué la représentante du Regroupement pour la Sauvegarde de la grande Baie de Sept-Îles, Louise Gagnon. Selon les comités, le Port de Sept-Îles pourrait jouer un rôle de leader dans la création de cette table de travail.

Vide juridique
Les citoyens déplorent du même souffle que certaines entreprises, qui effectuent des opérations près de la Baie, se retrouveraient dans «un vide juridique» en raison de réglementations gouvernementales. Par exemple, Cliffs Mine Wabush, qui ne possédait pas, avant l’achat de Consolidated Thompson, de mine au Québec, n’avait pas besoin d’attestation d’assainissement des eaux du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP).

Cependant, Cliffs et le MDDEP ont entamé un processus d’attestation pour son usine de bouletage de Pointe-Noire. «On devrait recevoir notre attestation d’ici l’été», a confirmé la responsable des communications, Arlène Beaudin. «Nous avions déjà des initiatives environnementales en marche qui cadraient avec le processus du MDDEP.»

Cliffs a d’ailleurs indiqué avoir investi depuis deux ans, 30 millions $ dans ses installations de Sept-Îles et Wabush, pour améliorer son empreinte environnementale. «Pour le secteur de Pointe-Noire, nos priorités sont la qualité de l’air et de l’eau», a ajouté Mme Beaudin.

Des données à venir
Les deux comités de défense environnementale promettent d’effectuer une prochaine sortie publique avec en main plusieurs documents, obtenus en vertu de la Loi d’accès à l’information, confirmant leurs inquiétudes face à la contamination de la Baie de Sept-Îles. «Nous voulions avoir des documents dressant un portrait de tout le tour de la Baie avant d’aller plus loin», a conclu Mme Gagnon.

La porte-parole du Regroupement pour la Sauvegarde de la grande Baie de Sept-Îles, Louise Gagnon et le représentant du Comité de défense de l’air et l’eau, Denis Bouchard, ont tenu un point de presse, vendredi. (Photo : Le Nord-Côtier)

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