La simplicité charmante de Ian Kelly

Par Éditions Nordiques 12:00 AM - 21 février 2012
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Ne vous fiez pas au nom ou à ses chansons, Ian Kelly est aussi Québécois que Réjean Tremblay. Ce fils d’une mère anglophone et d’un père francophone s’est mis à chanter en anglais, instinctivement, sans y réfléchir. Un réflexe artistique. Et loin d’être un raccourci commercial comme plusieurs le pensent, Ian aura tranquillement fait son chemin jusqu’aux oreilles des fans.

Le bilinguisme fait partie du quotidien de Ian Kelly, né Ian Couture (il aura pris le patronyme de sa mère pour éviter la confusion avec un homonyme). «Je suis fier de parler français, comme je suis fier de parler anglais.» Et chanter en anglais au Québec n’est pas la route facile, puisque les radios sont obligées de faire jouer 65% de musique francophone. Si bien qu’au Québec, les francophones et les vedettes américaines passent devant lui… et au Canada anglais, on le considère comme – à juste un titre – comme un Québécois, le laissant donc dans un coin sombre.

Mais Ian ne regrette pas ses choix artistiques. C’était trop naturel pour lui de chanter en anglais. Ce chemin plus ardu aura créé une ascension plus lente pour l’auteur-compositeur-interprète, à son grand plaisir, encore une fois. «Rien ne s’est fait vite et j’en suis content. Je n’aurais pas été à l’aise si ça avait marché dès le début, raconte celui qui vit de sa musique depuis seulement trois ans. Je suis timide et je n’aurais pas pu affronter ça. Je préfère progresser.»

Et la progression est certaine. Si au début il ne récoltait que les bonnes critiques, il a maintenant un disque d’or pour son album précédent et son tout dernier s’est déjà écoulé à 15 000 copies. Son carnet de tournée est rempli à ras le bord jusqu’en avril. Et en pleine formule (cinq musiciens) s’il vous plait! Pas question de présenter une formule différente de celle de la métropole! Le public des régions a droit au même traitement, croit-il.

«Oui, c’est le fun. Même si parfois je questionne tout ça, parce que je ne me trouve pas plus intéressant que les autres… Mais ça serait encore plus étrange si des gens de Sept-Îles descendaient à Montréal me voir jouer, alors je prends la route pour aller les voir. Je me trouve chanceux.»

L’Europe aussi s’intéresse à la pop feutrée et aux couleurs folk de Ian Kelly. L’automne dernier, il allait pour une première fois en Allemagne et déjà, une maison de disque et un agent de spectacle l’ont pris sous son aile, lui qui est déjà distribué et habitué de la France et la Belgique. Et il ne cache pas que le Vieux Continent le tente bien gros.

Mais avant les Européens, c’est les Nord-Côtiers qui pourront voir le chanteur de Montréal, ainsi que sa première partie, Sarah Slean, de Toronto. «Je suis un fan d’elle. On lui a demandé si elle voulait faire ma première partie et elle a dit oui! Elle est plus connue que moi pourtant. En échange, je vais faire ses premières parties l’hiver prochain dans le Canada anglais.»

Ian Kelly est de passage à la Salle Jean-Marc-Dion de Sept-Îles le 23 février, au Sous-sol de l’église de Havre-Saint-Pierre le 24 février et le 25 février au Centre des arts de Baie-Comeau.

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