La crise du logement touche aussi la classe moyenne

Par Fanny Lévesque 12:00 AM - 10 janvier 2012
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La Ville de Sept-Îles, où le taux d’inoccupation atteint 0,7%, aurait davantage besoin de logements abordables pour loger la classe moyenne que de logements de type HLM (Habitations à loyer modique), selon ce que rapporte le sondage réalisé par le mouvement populaire, Occupation quadruple. Plus de 85% des 300 répondants seraient à la recherche d’un appartement (66,6%) ou d’une maison unifamiliale (19,7%).

«À notre grande surprise, c’est davantage la classe moyenne (50,9%) qui a répondu à notre sondage», a soulevé le porte-parole d’Occupation quadruple, Doris Nadeau. «On aurait pensé que ça aurait été plus les assistés sociaux (21,7%).» Effectué de mai à octobre 2011, les répondants devaient répondre au coup de sonde sur le Web, via le logiciel SurveyMonkey. «Peut-être que ces gens n’ont pas eu accès à l’information», a nuancé M. Nadeau, aussi directeur de la Maison d’hébergement du Transit.

Le sondage révèle que les ménages, dont le salaire atteint 50 000$/an, recherchent en majorité des appartements à des coûts «abordables». Présentement, avec la pénurie de logements qui affecte Sept-Îles, les prix de location ont littéralement explosés. En 2010, le prix moyen pour un 4 et demi pouvait être de plus 570$. «Le danger, c’est que le sondage indique aussi que 32,6% des gens n’ont pas de bail de location, ce qui est très inquiétant parce que ça rend les occupants vulnérables et ça vient biaiser les statistiques sur le coût des loyers», a précisé M. Nadeau.

Les maisons de type unifamilial sont aussi dans la mire des résidents de Sept-Îles, alors que près de 20% des répondants se disent à la recherche. Pour l’heure, une soixantaine de maisons, dont une vingtaine de maisons mobiles, sont en vente dans le noyau urbain de Sept-Îles. Pour de l’unifamilial, le prix moyen demandé atteint 240 000$ et 130 000$ pour les maisons mobiles.

Logement social
Le sondage démontre également que les besoins en matière de logements sociaux sont aussi importants. Un peu plus de 43% des répondants au sondage disent vivre sous le seuil de la pauvreté et 4,9% habitent un HLM. «Il faut dire aussi que 21% habitent dans la section «autre», dans cette section, 54% vivent dans les maisons d’hébergement, 29% chez un ami, 9% en milieu hospitalier, 4% en centre correctionnel et 4% dans une voiture!», a expliqué Doris Nadeau. «Les besoins sont là aussi.»

Incertitude
La moitié des répondants souhaitent déménager au cours de la prochaine année, de ce nombre. «86,5% de ceux qui veulent déménager craignent de ne pas trouver un autre logis qui leur convient, étant donné la crise du logement. Il faut miser sur le logement abordable et aller chercher les promoteurs», ce que permettra le sondage, selon M. Nadeau.

Occupation quadruple espère aussi que les commerçants, les minières, les élus et les représentants des organismes sociaux se retrouveront à la même table pour trouver des solutions à la pénurie de logement. «J’espère que la mairie initiera une démarche en ce sens, les besoins sont criants, la situation met un frein énorme à l’économie locale», a conclu Doris Nadeau.

La construction de quelque 140 logements a été amorcée on 2011, en comptant le projet de résidences du Cégep de Sept-Îles. Pour les autres, les unités de type «condo locatif» pourront être louées à partir d’environ 1200$ par mois.

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