Sept-îles dit non à Veolia

Par Éditions Nordiques 12:00 AM - 18 octobre 2011
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Sept-Îles – Devant les inquiétudes des citoyens du secteur des Plages, la Ville de Sept-Îles a décidé, lors du dernier conseil municipal, de ne pas aller de l’avant dans le changement de zonage 1032-2 I, qui aurait permis à Veolia de faire du traitement de sols contaminés sur ses terrains situés sur la rue des Pionniers. De son côté, l’entreprise ne comprend pas cette levée de boucliers, mais accepte la décision.

Le 5 octobre dernier, une cinquantaine de citoyens s’étaient déplacés à la consultation publique sur le changement de zonage. Suite à un exposé de l’entreprise Veolia, qui souhaitait faire du traitement de sols contaminés aux hydrocarbures, la population a posé plusieurs questions, mais a surtout démontré son inquiétude de voir une telle activité se faire si près de leurs domiciles.

Les résidents s’inquiétaient entre autres d’une possible contamination des sols du secteur. D’autres ont manifesté leur opposition à une possible pollution visuelle et odorante, de même qu’à l’augmentation du trafic de véhicules lourds. De plus aguerris ont même été jusqu’à questionner ce que deviendrait le sol décontaminé, s’il allait simplement terminer au dépotoir municipal et donc devenir le problème des citoyens.

Incompréhension
Le directeur général de Veolia à Sept-Îles, Théo Poirier, ne comprend pas cette opposition. À plusieurs reprises, ses représentants ont tenté de convaincre le public que leur procédé ne présentait aucun ou très peu de risques de contamination, allant jusqu’à préciser qu’il faudrait plusieurs années pour que ça se produise. De plus, si elle voulait faire cette activité sur ses propres terrains, c’est qu’il n’y avait justement aucun risque, ajoutait-elle.

«Je crois que les gens avaient déjà une opinion très négative avant de venir à la consultation. Ou ils ne comprennent pas exactement notre procédé. C’est aérien. Ça ne pollue pas, ça ne crée pas de poussière, pas de liquide, pas de bruit. Notre projet est très écologique. Il n’y a aucun risque, nous sommes très déçus», a commenté M. Poirier.

Pour le moment, Veolia ne compte pas porter son projet sur un autre terrain, le mettant tout simplement de côté. «On ne peut pas se battre contre la Ville», a-t-il laissé tomber. M. Poirier se désole que ce soit les entreprises de la région qui devront assumer la décision, puisque pour faire de la décontamination de sols aux hydrocarbures, ils devront continuer d’aller à leurs installations de Baie-Comeau, ce qui peut gonfler la facture de 300 000$, précise le directeur. «Il y avait plusieurs demandes de la part des commerces de Sept-Îles.»

Éviter une perte de temps
Le maire de Sept-Îles, Serge Lévesque, a fait valoir que la décision du conseil municipal provient de l’inquiétude des citoyens, précisant avoir été à l’écoute des préoccupations évoquées lors de la consultation publique. Plus encore, le maire soutient qu’il aurait été inutile de lancer le changement de zonage pour ensuite le voir annuler par un référendum lancé par les citoyens, un scénario que la Ville a jugé plus que probable devant la mobilisation citoyenne.

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