Ten Strings and a Goat Skin : un vent frais de l’Île-du-Prince-Édouard souffle sur la Côte-Nord

Ten Strings and a Goat Skin : un vent frais de l’Île-du-Prince-Édouard souffle sur la Côte-Nord

La formation folk-trad Ten Strings and a goat skin suscite beaucoup d’intérêts partout où elle passe.

Crédit photo : Courtoisie

Il y a quelques années, les membres du trio «Ten Strings and a Goat Skin» étaient loin de se douter que la musique leur permettrait de voyager autant et encore moins d’avoir un véritable gagne-pain. Un constat s’impose : leur répertoire musical à saveur traditionnelle semble se démarquer par son originalité.

Au départ, la formation traditionnelle ne s’attendait pas à pouvoir vivre de la musique. «Ça n’arrête jamais. Je crois qu’on a réussi à réinventer la musique traditionnelle. On a remis ce style au goût du jour. Les jeunes sont de plus en plus nombreux à s’y intéresser et ça nous fait chaud au cœur», avance l’un de ces membres, Caleb Gallant.

Le nom du groupe a été suggéré par une amie, alors qu’il s’apprêtait à se produire dans une salle communautaire à ses débuts. «Comme l’on joue avec 10 cordes et une peau de chèvre, nous n’avons jamais réussi à trouver un autre nom qui convienne mieux. Ça retient vraiment l’attention, constate-t-il. Ça reste  inscrit dans la tête des gens.»

Une couleur singulière

Lancé en juin 2016, leur plus récent album «Autour du poêle» met de l’avant les racines écossaises et acadiennes, ainsi que les fibres franco-canadiennes, bretonnes et irlandaises de ce jeune trio. «On y a développé notre son. On voulait rejoindre un plus large public. Je considère qu’on a réussi, enchaîne-t-il. Les gens nous disent qu’on apporte une nouvelle énergie à la musique traditionnelle.»

Comme il l’a toujours fait, le groupe n’a visiblement pas peur de repousser les frontières des genres en explorant de nouveaux territoires musicaux. C’est ce qui l’a amené à ajouter de l’orgue B3, des effets ingénieux et des harmonies vocales osées à son répertoire, pour en arriver à créer un son riche teinté d’une ambiance funky. La formule efficace lui a permis d’obtenir jusqu’à maintenant plusieurs nominations, dont un prix Juno.

Un amour véritable pour la langue française

Leur répertoire est composé à la fois de sonorités actuelles et excentriques. Il représente un amalgame de compositions originales et traditionnelles. Ceci semble constituer l’une de ces plus grandes forces. Même si l’anglais est la langue première des membres du trio, ils ont trouvé important de proposer certaines chansons en français. «Notre vie à l’école était dans cette langue. C’est ce qui nous a permis de nous rencontrer», souligne-t-il.

Un fait assez surprenant, puisque les parents des deux frères Gallant, qui composent ce trio, ne parlent pas français. «Ils ont des racines acadiennes. Leurs ancêtres parlaient le français. Ils ont eu envie de faire revivre la tradition en mettant en place une école francophone, explique-t-il. Ils souhaitaient vraiment que leurs enfants puissent apprendre cette langue.»

Un léger obstacle

En dépit du fait que le groupe évolue dans le milieu traditionnel, il devient plus difficile pour lui de faire en sorte que ses chansons puissent jouer dans des stations commerciales. «On ne fait pas de la musique pour cette raison. On se concentre surtout sur les spectacles. Les offres ne manquent pas. On n’arrive pas à nécessairement reproduire la même énergie sur disque. C’est vraiment sur scène que nous sommes à notre meilleur. À cet endroit, nous sommes habiles, confiants et confortables», lance-t-il.

Caleb Gallant espère que les gens seront nombreux à venir à leur rencontre, lors de cette escale sur la Côte-Nord. «Je les invite à prendre une chance. La musique traditionnelle se renouvelle. La qualité augmente. C’est une très belle communauté de musiciens talentueux, soulève-t-il. Je suis convaincu qu’ils ne seront pas déçus et qu’ils passeront un très agréable moment en notre compagnie.»

Il est à noter qu’un seul arrêt sera effectué sur la Côte-Nord soit le 3 décembre à 20h, dans le hall d’entrée du Cégep de Sept-Îles. Le spectacle intimiste est présenté sous la bannière des Oreilles dégourdies, une étiquette apposée aux groupes émergents. Les billets sont en vente auprès de l’équipe de la billetterie de la Salle Jean-Marc Dion. Un rabais est consenti pour les moins de 30 ans.