Témoignage : une famille septilienne marquée par un incendie

Témoignage : une famille septilienne marquée par un incendie

Tania Gauthier et sa famille.

Crédit photo : courtoisie

En novembre 2015, la maison de la famille de Tania Gauthier prenait en flamme au beau milieu de la nuit.  Trois ans plus tard, celle qui était enceinte lors de l’incident a accepté de relater son histoire qui rappelle l’importance de la prévention en matière de sécurité incendie.

C’était un 24 novembre, vers 1h00 du matin. Le conjoint de Tania Gauthier a été réveillé par l’alarme incendie de sa maison de la rue Longuépée, dans le Canton Arnaud.

«Les détecteurs ne m’ont pas réveillée, mais mon conjoint a eu un goût de plastique dans la bouche et c’est ça qui l’a réveillé», a raconté Mme Gauthier.

Après avoir retrouvé ses esprits, le couple a rapidement compris ce qui se passait. Un feu s’était déclenché dans le sous-sol de leur maison et la fumée a envahi rapidement le rez-de-chaussée où se trouvait leur chambre ainsi que celle de leurs deux jumeaux de 4 ans.

«Tu te lèves et tu n’es pas vraiment conscient, alors tu fais la première chose qui te passe par la tête. Mon premier réflexe a été d’essayer d’arrêter l’alarme du détecteur, parce que je me disais que ça devait être de la fumée provenant du poêle à bois du sous-sol qui l’avait déclenché», a dit Tania Gauthier.

Après une tentative infructueuse d’arrêter l’alarme et constatant par le fait même la vitesse à laquelle la boucane se propageait dans la maison, la femme alors âgée de 28 ans et enceinte de 38 semaines s’est dirigée dans la chambre de ses enfants.

«Je me suis rendu compte que je ne voyais rien en raison de la boucane, et non seulement parce que je n’avais pas mes lunettes. Je suis donc allée dans la chambre des enfants et j’ai refermé la porte derrière moi. Pour les aider à respirer, j’ai ouvert la fenêtre de leur chambre. Eux, ils se sont levés et ils ont commencé à paniquer.»

Avec leurs enfants dans les bras, les parents sont finalement sortis dehors. Les enfants en pyjama ont trouvé refuge à l’intérieur du véhicule familial, pendant que les parents, nus, grelotaient à l’extérieur. C’est à ce moment que le conjoint de Tania a décidé de retourner à l’intérieur pour prendre des vêtements.

«Mon copain est retourné à l’intérieur pour aller chercher des manteaux. On n’avait pas de clés pour démarrer l’automobile, ni de téléphone pour appeler les secours. Mon conjoint est rentré plusieurs fois, mais à un moment donné, il ne s’en sentait plus capable. On a finalement trouvé des clés d’auto dans l’une des vestes. Mon copain est resté sur place, pendant que moi je suis allée chercher des secours. Je suis allée chez une voisine chez qui j’ai pu obtenir des vêtements et appeler les services d’urgence.»

Choc

Ce n’est que lorsque les ambulanciers ont pris les enfants en charge que le couple a commencé à pleinement réaliser ce qui venait de se passer.

«J’ai réalisé ce qui se passait et que j’avais tout perdu. Si j’accouchais demain, je n’avais absolument rien.»

En plus de passer la semaine suivant l’incident avec des problèmes respiratoires, la famille a subi un lourd choc, dont les conséquences se font parfois toujours sentir.

«Les enfants ont encore peur que ça arrive. Mon chum, lui, a peur de partir travailler la nuit et de nous laisser seuls à la maison. De mon côté, je sais que si mon bébé n’avait pas été dans mon ventre, il n’aurait pas survécu.»

La maison familiale a été déclarée perte totale. L’enquête menée par les pompiers a permis de découvrir que des piles rechargeables étaient à la source des flammes.

«Peu de gens savent que les piles rechargeables représentent un danger et qu’il existe des sacs de protection pour les couvrir pendant leur recharge», souligne Mme Gauthier.

Support de la communauté

Pour Tania Gauthier, le point positif de toute cette mésaventure a été de voir tout le support reçu par la communauté de Sept-Îles.

Suite au sinistre, les gens du Canton Arnaud se sont regroupés pour coordonner une récolte de denrées et d’objets utiles.

«On avait trouvé refuge chez ma mère. Avant qu’on ait le temps d’aller faire notre première épicerie, on a reçu la visite de gens de notre quartier qui, en partenariat avec le comptoir alimentaire, sont venus nous porter l’équivalent de deux voitures de nourriture et de plusieurs articles. Je n’en revenais pas, c’était trop. Tu ne t’attends pas à recevoir de l’aide comme ça.»

Grâce à la générosité des enfants du quartier, les jumeaux ont également pu recevoir des cadeaux lors du réveillon de Noël.

«Plusieurs parents sont venus nous porter des cadeaux pour nos enfants. On en est vraiment reconnaissants.»