Une Septilienne réclame 460 000 $ à ses médecins et pharmaciens pour la perte d’un œil

Une Septilienne réclame 460 000 $ à ses médecins et pharmaciens pour la perte d’un œil

Crédit photo : Pixabay

Une jeune femme de 22 ans de Sept-Îles réclame 460 000 $ pour la perte d’un œil. Elle reproche à ses médecins et pharmaciens de lui avoir fait prendre pendant 4 ans un médicament qui ne peut être utilisé pour plus de 21 jours.

La demanderesse en question est Annabelle Poirier, 22 ans. Elle a consulté l’ophtalmologiste Pascale Turbide en mai et juin 2011 pour un problème à l’œil droit. Celle-ci lui a alors diagnostiqué une kératite et prescrit du Viroptic. Ce médicament se donne en gouttes oculaires.

Selon la demande introductive d’instance déposée le 1er juin au palais de justice de Québec, quatre professionnels différents lui ont prescrit ces gouttes sur une période continue de juin 2011 à juin 2015.

En juin 2015, un docteur informe Annabelle Poirier que le Viroptic ne doit pas être utilisé pendant plus de 21 jours vu la toxicité du médicament. Selon la plaignante, aucun de ses médecins, ophtalmologistes, optométristes et pharmaciens ne l’en avait informé.

Mme Poirier subira ensuite une implantation de lentille intraoculaire et deux greffes de cornée. Elle finira par perdre son œil droit en début 2017. Son œil lui a été enlevé et elle porte maintenant une prothèse oculaire. Cela lui causerait un «préjudice esthétique très important».

Elle dit avoir enduré une «douleur constante et envahissante» et continuer à souffrir de maux de tête. Elle ajoute être incapable d’accepter la perte de son œil et devoir endurer stress, nervosité, frustration, inquiétude et angoisse.

«Mme Poirier présente beaucoup d’insomnie et a un caractère plus agressif et dépressif depuis les événements», lit-on dans la demande introductive d’instance.

Elle aurait été incapable de travailler pendant plusieurs mois. L’incapacité à voir en trois dimensions et la perte de champ de vision diminueraient ses possibilités d’emploi futures. Elle éprouverait de la difficulté à conduire une automobile.

Poursuite

Annabelle Poirier reproche à son médecin, à son ophtalmologiste et à ses deux optométristes de lui avoir prescrit du Viroptic sur une période cumulée de quatre ans sans jamais l’informer des risques liés à l’utilisation du médicament. Elle ajoute que d’autres médicaments auraient pu être utilisés pour guérir son infection sans aucune séquelle.

Elle reproche aussi aux différents pharmaciens d’avoir exécuté «aveuglément» les prescriptions de Viroptic sans communiquer avec les professionnels concernés pour les avertir de la limite d’utilisation de 21 jours.

«Les pharmaciens avaient le pouvoir et le devoir de refuser de servir cette médication», prétend-elle dans la demande introductive d’instance.

La jeune femme juge que les professionnels traitants, les pharmaciens et leurs pharmacies sont responsables de la perte de son œil. Elle leur réclame donc la somme totale de 460 000$, dont 250 000 $ pour la perte de son œil et ses souffrances et 165 000 $ en pertes de revenus passés et futurs.

Le père d’Annabelle, Marc Poirier, leur réclame également 65 000 $ pour ses troubles et inconvénients et pour divers débours.

Les demandeurs et leur avocat se sont refusés à tout commentaire puisque le dossier est présentement devant les tribunaux.