La séance publique du conseil municipal de Havre-Saint-Pierre dégénère  

La séance publique du conseil municipal de Havre-Saint-Pierre dégénère   

La tension était vive lors de la séance publique du conseil municipal du 22 février, à Havre-Saint-Pierre.

Crédit photo : Facebook CILE - archives

Plus de 200 personnes étaient rassemblées à la dernière séance publique du conseil municipal d’Havre-Saint-Pierre. La Sûreté du Québec a assuré une présence, tandis que la grogne était au rendez-vous en raison du taux de taxation jugé démesuré par de nombreux citoyens.

La soudaine augmentation des taxes provoque de la colère au sein de la population. Une pétition signée par près de 1 000 personnes réclame la mise en place d’un comité de citoyens qui conjointement avec une firme externe, pourrait analyser la situation et ouvrir les livres de la municipalité.

La réunion du conseil municipal du 22 février a été interrompue. La tension dans la salle était élevée. Les élus souhaitaient faire adopter une hausse des taxes de 9,6% au lieu de 19,3%, tel que proposé lors du dépôt du budget.

Lorsque le maire a annoncé que la période de questions serait à la fin de la séance publique plutôt qu’au début, la situation a dégénérée. Sur des vidéos publiées sur les réseaux sociaux par la station de radio CILE, on aperçoit le public se lever et injurier les élus. Des agents de la Sûreté du Québec ont dû calmer le jeu. Aucune arrestation n’a cependant été nécessaire, ont confirmé les autorités. Le maire a toutefois mis fin prématurément à la séance, sans que le nouveau taux de taxation ne puisse être adopté.

Journalistes ciblés

La tension est telle que, le jour de la séance publique du conseil municipal, à la radio locale de Havre-Saint-Pierre les journalistes auraient été vivement apostrophés par des citoyens souhaitant s’exprimer sur le dossier en ondes.

«Certains avaient clairement un ton agressif», a indiqué le directeur général de CILE, Patrick Cadieux. La radio qui couvre le dossier depuis plusieurs semaines avait choisi d’attendre après la séance du 22 février pour en parler de nouveau.

«Nous ne voulions pas envenimer le débat», a dit M. Cadieux.

Or, la décision n’a pas fait l’affaire de tous. Des citoyens menaçaient d’empêcher les journalistes de la station de radio d’accéder à la séance publique.

«On comprend qu’il y a beaucoup d’émotions, que les gens sont émotifs, mais la radio a un travail à faire et nous allons continuer à le faire», a commenté M. Cadieux.

Le maire discret

Au moment d’écrire ces lignes, le maire de Havre-Saint-Pierre n’avait pas donné suite à nos demandes d’entrevues. Dans les dernières semaines, Berchmans Boudreau avait expliqué la hausse importante des taxes avec les conditions économiques difficiles connues dans les dernières années à Havre-Saint-Pierre. Avec le ralentissement des activités à la minière de Rio Tinto, la municipalité avait préféré à l’époque ne pas hausser le compte de taxes des citoyens et elle doit maintenant répondre à ses obligations. De nouvelles taxes pour les eaux usées et le recyclage ont aussi été mises en place, avait-il souligné.