«Sans toi»: Un efficace outil de prévention du suicide circule sur la Côte-Nord

En présence de sa coréalisatrice Mélanie L. Dion, le documentaire Sans Toi fera l’objet de plusieurs projections dans diverses municipalités de la Côte-Nord grâce à un partenariat établi avec le Centre de prévention du suicide de la Côte-Nord.  Un événement qui comporte également la tenue d’une discussion sur cette thématique qui fait encore l’objet de bien des préjugés.

Le projet a pris plus de sept ans à se concrétiser. Il a pris forme suite à une rencontre entre ses deux réalisateurs, Mélanie L. Dion et Alexandre Hardy, qui ont eu à composer comme plusieurs avec le suicide d’une connaissance commune. Une situation qui les a amenés à s’intéresser à ce sujet puisque la personne ne présentait aucun signe de détresse, selon ses proches.

Pendant plusieurs années, ils ont suivi le processus de deuil de deux familles qui ont eu à composer avec le suicide d’un proche. «Ces gens vivent encore avec la douleur de cette perte. C’est un geste qui a de lourds impacts pour ceux qui restent, soulève-t-elle. On voulait respecter leur intimité. On a laissé parler les endeuillés. Ils ont tellement de choses à dire et l’on constate que ça vient également donner un sens à leur vie. Ça leur procure un sentiment d’utilité.»

Une mauvaise approche

Dans ce documentaire, plusieurs thèmes sont abordés dont l’hypermédiatisation du suicide dans les médias de masse. «Ça n’a pas toujours été fait avec délicatesse. On tombait rapidement dans le sensationnalisme. Les effets ont été pervers. Certains d’entre eux allaient même jusqu’à dire quel moyen la personne avait utilisé pour s’enlever la vie. Une approche qui a été rapidement dénoncé par les acteurs impliqués en matière de prévention du suicide et ils avaient raison de le faire», dénonce-t-elle.

Pour appuyer ses dires, la coréalisatrice réfère à l’exemple de Gaétan Girouard, un journaliste et animateur qui s’est enlevé la vie en 1999. Une année au cours de laquelle le taux de suicide avait augmenté de manière considérable. «On doit voir les signes et agir rapidement pour prévenir. Tout passe par de vraies conversations. Il faudrait instaurer des sentinelles dans plusieurs milieux de travail, avance-t-elle. Il faut éduquer les gens à mieux comprendre la souffrance et à ne pas hésiter à demander de l’aide.»

Informations générales

Une conférence suivra la projection du documentaire Sans Toi qui sera présenté le 17 septembre à l’Éconolodge de Forestville, le 18 septembre au Pavillon Mance à Baie-Comeau, le 19 septembre au petit théâtre du Centre socio-récréatif de Sept-Îles, le 21 septembre à la Shed-à-Morue de Havre-Saint-Pierre. Toutes les représentations sont à 19 h.


 Dans «Sans Toi», Alexandre Hardy et Mélanie L. Dion abordent de manière concrète le processus de deuil vécu par des familles ayant perdu un proche à la suite d’un suicide.  

(Photo : Courtoisie)