Ralentissement économique: Des mesures d’urgence réclamées

Ralentissement économique: Des mesures d’urgence réclamées

Le "Collectif Sept-Îles Agir - Avenir" a lancé un cri du coeur, jeudi.

Crédit photo : Le Nord-Côtier

Sept-Îles crie à l’aide et réclame que Québec «stoppe l’hémorragie» causée par le ralentissement économique prolongé. Depuis 2013, plus de 1000 emplois ont été perdus et le milieu craint que la situation ne s’envenime.

«Il faut minimiser les dommages collatéraux, c’est impératif pour sauvegarder le tissu social de la Côte-Nord», a lancé le coordonnateur régional du syndicat des Métallos, Nicolas Lapierre. Vendredi, les milieux économique, syndical et de l’éducation ont parlé à l’unisson exhortant le gouvernement de mettre en place des mesures d’urgence.

Appelé «Collectif Sept-Îles Agir – Avenir», le regroupement demande à Québec de créer un fonds d’urgence de 25 millions $ pour soutenir les entreprises durement affectées par la débâcle du marché du fer. La «goutte qui a fait déborder le vase» c’est la faillite du Groupe Trinor, «un fleuron» de la PME de Sept-Îles, il y a deux semaines.

Des travailleurs de l’entreprise, maintenant sans emploi, s’étaient d’ailleurs massés derrière les porte-parole du collectif pour la conférence de presse. «J’espère de me retrouver un emploi (…) Pour l’avenir, ça pourrait être inquiétant, je ne sais pas si je vais rester dans la région», a confié Yvan Savard, un machiniste de métier.

Et il n’est pas le seul à songer quitter Sept-Îles. La Commission scolaire du fer dénombre quelque 170 élèves de moins dans ses classes depuis 2012. La formation professionnelle et collégiale est aussi affectée par une baisse d’achalandage. «La région est dans une situation critique», a affirmé le président de la commission scolaire, Rodrigue Vigneault.

Le collectif veut à tout prix «éviter d’autres tragédies humaines» et «limiter les dégâts». Selon la Chambre de commerce de Sept-Îles, une dizaine d’entreprises seraient pour l’heure «sur le respirateur artificiel». Depuis le début de l’année, les fermetures s’additionnent aussi dans le commerce au détail et le service.

Aide réclamée

La coalition réclame une rencontre «dans les plus brefs délais» avec le ministre de la Côte-Nord, Pierre Arcand. Les membres revendiquent entre autres l’instauration d’un fonds de diversification qui pourrait «être élargi» à toute la région et que Québec devance ses investissements dans de grands projets en attente, comme le quai de Port-Cartier.

Le milieu cite aussi l’exemple de la minière Champion, qui cherche actuellement à réunir quelque 327 millions $ pour redémarrer la mine du lac Bloom ou encore le projet de Mine Arnaud. Le regroupement revient également sur plusieurs mesures «qui ne coûtent rien» comme le fractionnement de contrats dans les projets d’infrastructures publiques.

L’achat par Québec des actifs de Cliffs Natural Resources dans le secteur stratégique de Pointe-Noire, un point d’ancrage pour le déploiement du Plan Nord, est néanmoins salué, mais la région réclame plus. «Malgré certains bons coups, la Côte-Nord a besoin d’un sérieux coup de pouce, et rapidement», clame la coalition.

Le regroupement se dit «apolitique» afin de permettre «une liaison neutre» entre les gens touchés et les trois paliers de gouvernement. Le maire de Sept-Îles, présent lors de la conférence de presse, a tenu à préciser que «sa porte était toujours ouverte».

Le ministre Arcand «sensible»

Dans une déclaration écrite, le ministre Pierre Arcand s’est dit «très sensible aux préoccupations exprimées» vendredi et a assuré que le gouvernement «est à l’œuvre pour assurer le développement économique de la région, notamment par l’entremise du Plan Nord». M. Arcand rappelle qu’il «agit» depuis sa nomination de ministre régional.

«J’ai à cœur le développement de la Côte-Nord et je travaille tous les jours à faire avancer des projets porteurs pour la région», a-t-il indiqué. Pierre Arcand assure de plus qu’il y a «un engouement» des investisseurs pour la région avec le redressement du prix du fer. La tonne de fer se négocie autour de 90$ (US) le meilleur prix depuis 2015.

Sept-Îles peine à traverser l’effondrement des marchés qui a causé la fermeture du géant minier Cliffs Natural Resources en 2014, mais qui a aussi plongé les grands joueurs comme ArcelorMittal, Rio Tinto IOC ou Aluminerie Alouette dans de rigoureux exercices de réduction de leurs dépenses.