Le projet Kami est «robuste» même sans Scully, selon Alderon

Le projet Kami est «robuste» même sans Scully, selon Alderon

Crédit photo : Cliffs Natural Resources

Le projet de mine de fer Kami, de la société junior Alderon Iron Ore, est toujours jugé «robuste» par la minière même si elle n’a pu mettre la main sur la mine Scully. Vendue à Tacora Resources en juillet, la fosse de la mine aurait servi de parc à résidus extraits de Kami, ce qui aurait réduit les coûts de démarrage du projet.

Alderon (TSX:IRON) a annoncé mardi avoir reçu les résultats d’une mise à jour de son étude économique préliminaire, publiée à l’origine le 14 mars. Selon la start-up, l’étude a été «redéfinie» à la suite de l’achat de la mine Scully par Tacora Resources, cet été.

Le gisement Kami est situé à la frontière du Labrador et du Québec, tout près de cette mine à Wabush. Alderon avait offert ce printemps un million de dollars au liquidateur des anciens actifs de Cliffs Natural Resources pour reprendre la mine et utiliser la fosse pour entreposer les résidus miniers de Kami., réduisant ainsi les coûts du projet.

Tacora a finalement acheté la mine pour 2,05 millions $ dans le but de redémarrer la production de minerai qui sera par la suite expédié via Pointe-Noire. Le grand patron d’Alderon, Mark Morabito, avait affirmé ne pas avoir offert «un énorme montant», puisque la compagnie aurait acheté «une responsabilité», en plus de prendre en charge les obligations environnementales du site. La junior estime que la fosse de Scully est «épuisée».

Malgré qu’elle ait raté cette opportunité, Alderon a annoncé que le projet Kami est toujours économiquement «robuste», même si elle doit aménager de toutes pièces un parc à résidus. «L’usage de la fosse épuisée de la mine Scully de Wabush était seulement l’une des nombreuses stratégies de réduction des coûts identifiées dans le cadre de la redéfinition du projet Kami», a expliqué par communiqué M. Morabito.

De plus, la commercialisation du minerai à «faible teneur en impureté» de Kami «continue de s’améliorer», mentionne le grand patron d’Alderon. Pourtant, ce dernier affirmait ce printemps qu’il serait «plus difficile» d’atteindre l’objectif de commencer la construction de la mine en 2018 si la société ne mettait pas la main sur Scully.

Du fer plus vert au Labrador

Mark Morabito soutient que la volonté de la Chine de réduire considérablement ses émissions de gaz à effet de serre poussera les aciéristes de ce pays à utiliser plus de minerai de haute pureté, qualité reconnue du fer de la fosse du Labrador, parce qu’il est moins énergivore pour produire de l’acier.

Malgré tout, Alderon a considérablement réduit les coûts de son projet depuis que Québec a acheté les installations stratégiques de Pointe-Noire pour en faire profiter à tous les joueurs miniers de la fosse du Labrador. La société a besoin de un milliard $ pour démarrer ses activités, au lieu de 1,3 milliard $ tel qu’estimé en 2012. Alderon prévoyait auparavant investir 200 millions $ à Sept-Îles pour des installations d’entreposage et de manutention. Des travaux de déboisement avaient même été réalisés. La junior a aussi contribué pour 20 millions $ à la construction du quai multiusager.

Retombées alléchantes pour le Québec

Même si la mine est située en grande partie au Labrador, le projet Kami pourrait avoir des retombées économiques importantes au Québec. Selon une étude d’impact économique, l’État québécois pourrait engranger des revenus de taxes et impôts de 459 millions $ durant les 24 années de vie projetées de la mine en plus de contribuer pour 3,2 milliards $ au PIB de la Belle Province.

Le gisement Kami doit produire huit millions de tonnes de concentré de minerai de fer par an. La totalité de la production est déjà promise à l’aciériste chinois et partenaire du projet, Hesteel (60%) et à Glencore (40%). À la suite de cette annonce, mardi, le prix de l’action d’Alderon Iron Ore à la bourse de Toronto a augmenté de 0,255$ à 0,265$ avant de revenir à son prix d’origine en fin d’après-midi.