Le Phare réembauche son directeur général

Le Phare réembauche son directeur général

Crédit photo : courtoisie

Une semaine après avoir été congédié par le conseil d’administration, le directeur général du centre de tri des matières recyclables Le Phare, Éric Aubin, a repris ses fonctions jeudi. Les pressions et le mécontentement des employés ont poussé le conseil d’administration à revoir leur décision, affirme-t-il.

Une semaine après avoir montré la porte à son directeur général, Éric Aubin, voilà maintenant que le conseil d’administration de la Ressource de réinsertion sociale le Phare de Port-Cartier a décidé de revenir sur sa décision.
Le 6 novembre dernier, Éric Aubin apprenait qu’il était limogé par le conseil d’administration qui l’avait engagé il y a un an. Le directeur avance que les membres du conseil d’administration lui auraient reproché qu’il «avait des difficultés à apprendre à faire faire au lieu de faire lui-même» et que cette façon d’être ne cadrait pas avec leur vision d’un directeur général.

«Je suis quelqu’un qui aime beaucoup aller sur le terrain et aider. Il voulait que je sois plus un dirigeant et moins un travailleur. Je suis conscient que j’ai un travail à faire là-dessus. Seulement, quand il y a un travail de mécanique à faire pour réparer une machine, comme je n’ai pas de mécanicien, je le fais moi-même», explique celui qui détient une formation en éducation spécialisée.

Ébranlé par sa mise à pied, M. Aubin s’est exilé en forêt pour quelques jours. Il ne l’avait jamais vu venir, affirme-t-il.
Lorsque le comité d’administration a annoncé la nouvelle aux employés, le choc aurait été grand. Tous auraient contesté la décision. Pour appuyer leur ancien patron, certains auraient menacé de faire la grève, tandis que d’autres auraient même envisagé quitter leur emploi.

C’est face à cette vague de protestation que le comité d’administration aurait finalement accepté de reconsidérer sa décision. Le 16 novembre, Éric Aubin a retrouvé son poste de directeur général. «Ce matin, je suis de retour à la job et j’en suis bien content. L’accueil que j’ai eu de la part des employés ça valait des millions», a-t-il dit.

Le mouvement de solidarité initié par les employés touche profondément Éric Aubin. «L’important à retenir dans cette histoire, c’est la solidarité des employés. Une entreprise d’économie sociale, ça vient avec une mission. Ici, la mission est reliée avec les employés et cette mission, elle a le droit de s’exprimer. La mission s’est levée et elle a décidé d’appuyer son directeur général. Pour ça, je vais leur être éternellement reconnaissant», a dit l’homme originaire de Baie-Comeau.

Un côté humain

Aux yeux d’Anne Chapados, réceptionniste au centre de tri, l’équipe de travailleurs du Phare est plus soudée que jamais depuis qu’Éric Aubin en est le directeur général. «J’ai dit au président du comité qu’il n’y avait jamais eu un directeur aussi humain au Phare et que tout fonctionnait bien depuis qu’il était en poste», a-t-elle dit.

Au final, Éric Aubin s’explique mal ce qui a motivé le conseil d’administration à vouloir le congédier. Tout de même, il se dit prêt à travailler sur ses faiblesses. «Je n’ai pas vraiment tout compris de la décision. Mais je comprends qu’il peut y avoir des choses sur lesquels je dois travailler. Je dois apprendre à déléguer un peu plus». Rejoint par Le Nord-Côtier, le président du conseil d’administration, Marc Collin, s’est contenté de confirmer le retour du directeur général en poste, mais il a refusé de donner plus de détails sur la situation pour l’instant.