Pauline Martin, au sommet de son art

Pauline Martin, au sommet de son art

Irène sur mars, une pièce présentée à Sept-Îles le 16 février et le lendemain à Havre-Saint-Pierre. Sa tête d'affiche est Pauline Martin.

Crédit photo : courtoisie

Tête d’affiche de la pièce «Irène sur Mars», qui sera présentée sur la Côte-Nord dans les jours à venir, Pauline Martin s’est vu offrir un rôle qu’elle a beaucoup de plaisir à incarner sur scène. Cette expérience lui permet de jouer à la fois dans un registre humoristique et dramatique. Elle livre une performance qui vient assurément mettre en lumière sa très grande versatilité.

Dans «Irène sur Mars», on suit l’histoire d’une femme de 63 ans qui apprend par mégarde que son fils a décidé de la placer dans une résidence pour personnes âgées. Une nouvelle qu’elle accueille très mal. «Elle débarquera en Suisse pour le confronter. Je vous assure que ça n’a ici rien d’un règlement de compte. Elle ne le digère tout simplement pas», tient à préciser Pauline Martin, qui campe le rôle principal de cette production théâtrale.

C’est justement ce qui l’amène à s’inscrire à un concours pour aller sur Mars et à s’y retrouver comme finaliste. «La majeure partie de l’action se déroule trois ans plus tard, à la veille de cette annonce. Le moment où elle saura si elle est choisie ou non», soulève-t-elle. «On voit la réaction des gens autour d’elle. Ils n’arrivent pas à comprendre sa décision. Elle a décidé de tout donner.»

La comédienne expérimentée qu’elle est apprécie vraiment les mots qui sont mis dans la bouche de cette femme, qui considère qu’elle n’a plus rien à perdre. «Tout ça donne lieu à des moments extrêmement drôles et à d’autres plus touchants. L’écriture de Jean-Philippe Lehoux (l’auteur de la pièce) est vivante et dynamique. Il y a beaucoup de cassure sur scène. Tous les personnages sont riches. C’est du bonbon pour une actrice», affirme-t-elle.

Pauline Martin considère que la simplicité des personnages donne un sens profond à ce texte. «Il y a plusieurs couches de compréhension. À tour de rôle, ils vont tous chercher des rires auprès du public. Je suis convaincue que cette pièce va rayonner longtemps dans la tête des gens», croit-elle fermement. «On est tous concernés par le sort réservé aux aînés. C’est un sujet qui demeure toujours autant d’actualité.»

Un art riche

Comme pour plusieurs de ses pairs, le théâtre s’avère pour elle un mode d’expression artistique qu’elle privilégie depuis toujours. «C’est la gymnastique première d’un acteur. Le contact est direct avec les gens. Quand je transporte une émotion, je la vis en même temps qu’eux. On vibre au même diapason», enchaîne-t-elle. «Cette connexion est unique. Le public vient donner sa vibration. L’expérience n’est jamais totalement la même à chaque représentation et c’est ce que j’apprécie vraiment.»

Lorsqu’elle plonge dans un texte à plusieurs reprises, Pauline Martin a la sincère impression d’en comprendre mieux son essence. «Contrairement à plusieurs, je ne me lasse pas de dire le même texte soir après soir. En tournée hors des grands centres, j’aime bien aller à la rencontre des gens. Ça donne lieu à des échanges enrichissants. Ça m’amène à constamment m’améliorer. Cette camaraderie que j’ai avec mes compagnons de scène se solidifie aussi», déclare-t-elle.

Près des gens

Même si son talent comique est reconnu, la comédienne ne se considère en rien comme une humoriste.

«J’ai fait le choix de jouer avec d’autres. Je ne fais pas du stand up», insiste-t-elle. «Il faut différencier ces genres. Je constate que plusieurs gens ne m’ont vue qu’à la télé. Je suis pour eux un visage familier. Les gens ne m’admirent pas nécessairement, mais ils m’aiment profondément. J’ai la chance de jouer des personnages qui sont près des gens. Ça leur donne l’impression de me connaître.»

Au cours de son parcours, elle a effectivement démontré qu’elle peut jouer dans différents registres. «Qu’il s’agisse d’un rôle comique ou d’un rôle dramatique, je ne vois pas de différence. Je leur donne la même humanité», soutient-elle. «J’utilise les mêmes outils pour les défendre sur scène. Le problème est souvent dans l’esprit du milieu théâtral. Depuis longtemps, on ne me propose plus de jouer dans du théâtre de répertoire. Ça m’a longtemps dérangée, mais ce n’est plus le cas maintenant.»

Un retour prochain dans la région

En fin de tournée pour «Irène sur Mars», Pauline Martin remplacera ce printemps Pierrette Robitaille (une autre comédienne) dans la pièce Sylvia, qui sera présentée sur la Côte-Nord. «On est souvent demandées pour les mêmes rôles. C’est tout un défi. J’ai peu de temps pour les répétitions. Les autres acteurs ont déjà leurs obligations. J’aurai seulement une vingtaine d’heures de répétition et le plus souvent seule», indique-t-elle.

La comédienne n’a pas hésité à relever le défi. «Je n’ai pas de difficultés à mener deux projets de fonds. Le texte d’Irène sur Mars est déjà profondément ancré en moi. J’avais vu la pièce et j’adore ce rôle au même titre que mes camarades de jeu.  Je l’ai accepté, car je sais bien que j’aurai du plaisir à le défendre sur scène, avance-t-elle. Ça m’amène dans un tout autre univers et c’est ce que j’adore.»

La pièce «Irène sur Mars» sera présentée le 16 février, à la Salle Jean-Marc-Dion de Sept-Îles, le 17 février à la salle de diffusion La Shed-à-Morue à Havre-Saint-Pierre, et le 19 février, au Centre des arts de Baie-Comeau. Cette production théâtrale de la Marée Haute et d’À tour de rôle met également en vedette Gary Boudreault, Catherine Audet et Michel-Maxime Legault, qui en assure aussi la mise en scène. Chaque représentation sera suivie d’une discussion avec les comédiens grâce à l’organisme Les Voyagements.