Le nouveau président d’Alouette espère la phase 3 d’ici deux ans

Le nouveau président d’Alouette espère la phase 3 d’ici deux ans

Patrice L’Huilier, le nouveau président et chef de la direction chez Aluminerie Alouette, est en poste depuis le 30 avril.

Crédit photo : Aluminerie Alouette

C’est par Patrice L’Huilier que devrait se réaliser la phase trois de l’Aluminerie Alouette. Le nouveau président et chef de la direction de l’entreprise se dit confiant d’obtenir le feu vert d’ici deux ans. Pour y arriver, son équipe travaille à réduire les coûts de construction initialement prévus.

Une quinzaine d’alumineries dans le monde produisent un million de tonnes ou plus par année. Patrice L’Huilier, nouveau président et chef de la direction de l’Aluminerie Alouette, entend bien amener l’entreprise dans cette catégorie.

«Actuellement, on n’est pas assez compétitifs en terme de coûts de construction pour la troisième phase. D’autres alumineries en sont à presque 50 % de nos coûts pour une telle expansion. Nous sommes en compétition avec eux, nos collègues d’autres alumineries. Il faut montrer aux actionnaires et propriétaires qu’on est les meilleurs, les convaincre qu’Alouette est celle dans laquelle ils doivent investir», affirme-t-il.

Pour réduire les coûts de construction, l’équipe de M. L’Huilier envisage plusieurs possibilités.

«On regarde ce qui peut se faire au niveau de la construction par modules, quels éléments peuvent être fabriqués ailleurs ou qui sont disponibles en préfabriqué. Ce sont tous des éléments qui permettent de faire diminuer les coûts de construction. La standardisation des opérations peut aussi nous aider, tout comme le choix des matériaux.»

Gagner la confiance

Les coûts de construction sont analysés avec minutie, mais plusieurs autres critères influencent la décision. «Ils vont regarder le retour sur investissement, la réputation et le fonctionnement des dix dernières années de l’aluminerie. L’état du marché de l’aluminium, qui est actuellement en hausse, peut aussi influencer», croit Patrice L’Huilier.

Au final, les actionnaires et propriétaires choisiront l’aluminerie qui présente le moins de risques et qui leur inspire le plus confiance.

Il estime qu’Alouette, qu’il qualifie comme « l’horloge suisse des alumineries québécoises», se démarque face à ses consœurs.

«En 25 ans, il n’y a jamais eu d’incidents majeurs. Cette stabilité-là, c’est ça aussi notre force.»

Un parcours à l’international

D’origine française, M. L’Huilier a débuté sa carrière chez Pechiney, qui a longtemps été la plus grande société de production d’aluminium.

«C’était dans la ville de Dunkerque, dans une aluminerie qui a démarré en même temps et avec la même technologie qu’Alouette. C’était exaspérant! C’est Pechiney qui avait développé la technologie, mais c’est Alouette qui s’en servait le mieux», se rappelle-t-il.

Tout au long de sa carrière, du Kazakhstan à la Russie, il dit avoir toujours essayé de garder un pied dans la métallurgie et l’autre dans les mines pour comprendre le processus du début à la fin.

«Et c’est important de voir ce qui se fait ailleurs pour tout ce qui concerne les nouvelles technologies aussi. Plusieurs innovations ont été développées dans les mines. Le milieu de l’aluminium lui, est beaucoup plus conservateur», convient M. L’Huilier.

Sortir de l’aluminium

Selon le nouveau président, il faut sortir de l’aluminium pour l’améliorer.

«Quand j’étais chez Pechiney, on disait : ‘’si tu veux savoir comment sera l’aluminium dans 20 ans, va visiter une aciérie’’. Et c’est tout à fait vrai, avec 1.5 milliard de tonnes par année, c’est une industrie qui peut se permettre de mettre beaucoup d’argent dans les développements technologiques.»

Ce sera d’ailleurs une obligation d’intégrer davantage les nouvelles technologies à l’aluminerie de Sept-Îles, selon lui.

«Il va y avoir davantage de robots, mais il va falloir des gens pour les créer, les développer et les entretenir. L’évolution de l’industrie dans le monde occidental passera par de plus en plus de techniciens et d’ingénieurs. Il faut donc préparer nos étudiants, qu’ils se spécialisent dans l’automatisation et l’intelligence artificielle», soutient-il.