Marly Fontaine: S’engager par l’art

Marly Fontaine: S’engager par l’art

Lentement mais sûrement, Marly Fontaine entend investir beaucoup d’efforts dans la poursuite d’une carrière artistique. Un choix pleinement assumé.

Crédit photo : Courtoisie

Finissante en arts visuels et médiatiques à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Marly Fontaine vient de décrocher une bourse, le 20 janvier, à la suite d’un concours qui lui a donné l’occasion d’exposer ses œuvres à la Place des Arts de Montréal. Intéressée à un très jeune âge par la relation d’aide, elle aborde l’art comme un outil thérapeutique et de sensibilisation.  

En tant qu’artiste, Marly Fontaine aime utiliser l’art performance pour aborder la thématique des pensionnats autochtones. Son objectif premier étant de mieux faire comprendre aux gens cette triste période de l’histoire. «Encore aujourd’hui, les dommages collatéraux en sont nombreux. Je trouvais important de bien résumer cette histoire. Il faut dire qu’on est encore seulement à l’étape de la guérison», lance-t-elle.

Victime d’abus sexuels dans son passé, elle éprouve une réelle considération à aborder cette thématique sous un angle plus lumineux. Elle souhaite faire en sorte qu’il s’en dégage une bonne dose d’espoir. «Je ne cherche surtout pas à jouer à la victime, mais je ne peux pas renier mon passé. Je veux éviter que d’autres aient à traverser les mêmes épreuves, insiste-t-elle. Les blessures sont profondes. Il faut maintenant reconstruire sur des bases plus solides et plus égalitaires.»

Une rencontre marquante

Avant de déménager à Montréal pour entamer ses études à l’UQAM, Marly Fontaine a eu la chance de collaborer à quelques reprises avec l’artiste multidisciplinaire, Johanne Roussy. Des moments qu’elle considère marquants encore aujourd’hui. «J’ai beaucoup grandi à ses côtés. J’ai appris à m’affirmer. J’ai pris confiance en moi. À travers l’art, je me suis accrochée à l’école. J’y ai toujours accordé beaucoup d’importance. Je suis consciente que je ne suis pas un cas isolé».

Au départ, la Nord-Côtière avait surtout opté pour l’art thérapie. Un intérêt transmis de mère en fille. À ce moment-là, elle ne souhaitait pas réellement en faire une carrière. «Aujourd’hui, j’ai trouvé ma voie. Par ce rôle que je m’attribue, je me sens utile. J’arrive à susciter des émotions chez les gens et c’est ce qui m’enchante», indique celle qui espère réussi à faire tomber certains préjugés entretenus à l’égard des autochtones.

De solides tabous

Cette méconnaissance étant un élément qui motive cette jeune artiste à poursuivre dans cette voie. «Contrairement à ce que plusieurs peuvent croire, nous ne sommes pas seulement des alcooliques, des drogués ou des assistés sociaux. Ce sont des conséquences directes de ce génocide, avance-t-elle. On a tenté de tuer l’Indien dans l’enfant. Ce n’est pas rien. Je peux vous assurer qu’il y a encore du racisme. À tort, on accuse souvent des Autochtones pour des gestes qu’ils n’ont pas commis.»

Au cours des prochains mois, Marly Fontaine entend faire différentes démarches auprès des instances gouvernementales pour mener de front certains projets créatifs qui lui tiennent à cœur. En ce moment, elle consacre tous ces efforts dans la réussite de cette ultime session universitaire. Elle en profite pour inviter d’autres jeunes Autochtones à croire en leurs rêves et foncer.