Marilène Gill reste fidèle à Martine Ouellet

Marilène Gill reste fidèle à Martine Ouellet

Malgré la tempête, la députée de Manicouagan Marilène Gill (à gauche) reste fidèle à la chef actuelle du Bloc québécois, Martine Ouellet.

Crédit photo : archives Le Manic

Même si 70 % de ses collègues ont démissionné du caucus du parti pour se distancier de la chef Martine Ouellet, la députée Marilène Gill croit que les deux parties peuvent se réconcilier, que Mme Ouellet peut demeurer aux commandes et que la raison d’être du Bloc québécois est plus importante que leurs différends.

Steeve Paradis

« On vit une crise majeure, on ne peut pas le nier », a reconnu jeudi matin la députée de Manicouagan qui, avec son conjoint Xavier Barsalou-Duval et l’ex-chef Mario Beaulieu, forme le dernier trio de députés fidèles à la chef actuelle. Cette dernière encaisse de toutes parts, et sans broncher jusqu’ici, les appels à la démission.

« On a eu une bonne discussion et (les démissionnaires) ont demandé à Mme Ouellet de leur soumettre une proposition, ce qui a été fait. On a voulu tendre la main mais ce qui ressort de tout ça, c’est (les divergences) sur la question de l’indépendance », a-t-elle ajouté.

Parmi les reproches adressés, les contestataires estiment que le Bloc québécois ne fait que promouvoir en tout temps la souveraineté du Québec plutôt que de se concentrer d’abord et avant tout sur la défense des intérêts du Québec. Marilène Gill, qui est également whip du Bloc, estime que ces positions ne sont pas irréconciliables.

« On a les mêmes positions en Chambre et sur le fond des choses, on s’entend sur tout. C’est sûr que nos questions vont se ressembler car c’est le Québec qu’on défend, enchaîne-t-elle. Et c’est sûr aussi qu’on parle d’indépendance, on est indépendantistes ».

Dichotomie

La députée dit mal s’expliquer cette soudaine dichotomie entre indépendance et intérêts supérieurs du Québec, tout comme le Canada anglais. « J’ai donné des entrevues à des médias anglophones et ils avaient de la difficulté à comprendre en quoi la défense des intérêts du Québec était inconciliable avec l’indépendance », a-t-elle soutenu.

Mme Gill a aussi rappelé à ses sept collègues démissionnaires que la cause dépasse leur personne et que leurs électeurs ont voté avant tout pour le parti. « Il faut être humble comme député. C’est la bannière du Bloc québécois qui nous a fait élire, ce n’est pas nous comme individu. »

La bloquiste fait également valoir à ceux et celles qui contestent le couronnement de Martine Ouellet qu’ils n’ont pas profité de leur occasion de se manifester lors de la course à la chefferie du début 2017. À ce moment, Rhéal Fortin, l’un de ceux qui a claqué la porte du Bloc en début de semaine, était chef intérimaire depuis octobre 2015.

« Ça faisait longtemps qu’on savait qu’il y aurait une course à la chefferie et il aurait fallu que les gens se manifestent à ce moment-là s’ils voulaient prendre la place de M. Fortin »

Pour la suite des choses, Marilène Gill disait croire que le prochain bureau national des instances du parti, qui doit avoir lieu samedi, permettra de remettre le parti sur les rails. Reste à voir comment cette instance se déroulera.