Lucie Bisson: Une maîtrise déconcertante de l’art de raconter

Lucie Bisson: Une maîtrise déconcertante de l’art de raconter

Grâce à sa personnalité colorée et son dynamisme, Lucie Bisson risque d’être l’un des coups de cœur des festivaliers qui se pointeront au Vieux-Poste de Sept-Îles du 8 au 10 septembre.

Crédit photo : Pierre Guzzo

Sans aucune hésitation, Lucie Bisson se définit comme une conteuse de menteries. L’étiquette lui colle à la peau, puisqu’elle éprouve un malin plaisir à prendre des faits vécus et à les amplifier pour en faire d’intéressantes histoires. Partout où elle passe, elle capte assez facilement l’attention des gens.

Établie en Montérégie, Lucie Bisson s’inspire directement du folklore québécois lors de ces prestations. Une source qu’elle apprécie pour sa très grande richesse. «C’est un terroir fertile, souligne-t-elle. J’aime beaucoup mettre des patois des lieux où j’ai vécus. On m’a toujours dit passionné dans mes interventions. J’ai eu à apprendre à prendre la parole devant des gens. J’ai pris connaissance de ma voix et j’ai pris confiance en moi.»

Dans sa manière de raconter, elle se dit inspiré par son père. «J’ai toujours été en admiration devant la manière qu’il avait de conter des histoires. Il prenait des textes du Readers Digest et il arrivait à les rendre intéressants, confie-t-elle. C’est en soi tout un exploit. C’est ce que j’ai cherché à reproduire. Ça part très souvent d’un récit de vie que je cherche à endimancher.»

Une signature efficace

L’humour est un ingrédient que la conteuse utilise très fréquemment. «Je considère que c’est un bel outil pour passer des messages. Quand les gens rient, ils s’en souviennent. Je veux aussi raconter des choses plus touchantes. J’aime le fait que le conte permet de véhiculer diverses émotions», ajoute celle qui œuvre dans le milieu du conte depuis de nombreuses années.

Un mode d’expression artistique qu’elle considère rassembleur. «Ça rend une matière vivante. Le conte est basé sur l’échange. C’est la passation de quelque chose. Quand les gens réagissent, c’est un peu comme s’ils nous donnent leur approbation. L’histoire est appelée à grandir et à évoluer. L’interaction que j’ai avec eux vient teinter mes récits. Je mise beaucoup sur cela. J’aime les intégrer à l’histoire», avance-t-elle.

Un art méconnu

Lucie Bisson n’hésite pas à déplorer le fait que le conte soit souvent associé uniquement à tort aux enfants. «Pourtant, il s’adresse à tous. Des festivals comme Sept-Îles en mots sont l’occasion de mettre les gens en contact avec cet univers pour qu’ils en arrivent à en apprécier réellement sa diversité. Chaque conteur a sa propre signature. Le conte nous ramène à notre cœur d’enfant. C’est ce que je considère comme l’une de ses plus grandes forces», affirme-t-elle.

En effet, Cette artiste des mots se sent honorée y voit là une occasion en or de faire connaître le conte aux gens. «Les festivals apportent une certaine cadence au conte que l’on ne retrouve pas vraiment dans un autre contexte, constate-t-elle. Ça donne lieu à des moments très intimistes auxquels j’accorde une très grande valeur. Rien n’empêche que ça puisse aussi très bien se transposer dans les grandes salles.»

Lucie Bisson est l’un des huit conteurs-invités de la 2e édition de Sept-Îles en mots qui aura lieu du 8 au 10 septembre au Vieux-Poste de Sept-Îles. La programmation complète peut être consultée sur la page Facebook du festival.