L’Entente de Nation-à-Nation toujours sur la table

L’Entente de Nation-à-Nation toujours sur la table

Bien que la communauté de Uashat mak Mani-Utenam ait rejeté plus tôt cet automne l’entente bonifiée avec Hydro-Québec et celle de Nation-à-Nation avec Québec, le Conseil Innu Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam (ITUM) rappelle qu’il est essentiel de maintenir les acquis obtenus jusqu’à présent en vue de jeter les bases d’une nouvelle relation avec le gouvernement québécois, surtout dans le contexte économique actuel.

Venu garantir un bloc énergétique de 500 mégawatts à l’Aluminerie Alouette le 31 octobre, le premier ministre du Québec, Jean Charest, a profité de sa visite pour s’arrêter dans les bureaux d’ITUM où il s’est entretenu pendant une bonne partie de l’après-midi avec le conseil et son chef, en compagnie de son ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, Sam Hamad.

«Les échanges ont été cordiaux, ouverts, francs et honnêtes», a fait savoir au Journal le vice-chef de la bande, Mike Mckenzie. «Il faut retenir qu’au-delà du contentieux avec Hydro-Québec, Québec veut obtenir une entente de Nation-à-Nation.» Selon le vice-chef, le premier ministre se serait dit ouvert à dialoguer avec la communauté en vue d’en venir à une entente, et ce, malgré le premier refus de la population. «Le premier ministre nous a dit que le référendum ne change rien au désir de Québec de dialoguer et de maintenir des relations harmonieuses et respectueuses avec les Uashaunnuat axées sur la reconnaissance des droits.»

Voilà pourquoi ITUM tient mordicus à maintenir les acquis négociés avec Québec dans la première entente dans laquelle la Province s’engageait notamment à construire un centre de formation pour les Innus et à financer 80% de la création d’un fonds de développement. «Il faut partir de ça pour discuter.»

Par ailleurs, la bande a eu l’occasion de faire connaître davantage le contexte dans laquelle elle se trouve actuellement avec la présence de plusieurs multinationales sur ses terres ancestrales. «Il y a tout ce contexte aussi, on a pu plus en parler (…) qu’il vienne nous voir est une marque de respect», a ajouté M. Mckenzie.

Hydro-Québec
Selon Mike Mckenzie, il n’a pas été question de l’entente ITUM-HQ 2011, rejetée pour une deuxième fois en septembre par 54% de la population, lors de la visite de Jean Charest. «Il n’y a rien qui se passe à ce niveau pour l’instant, on veut que la poussière retombe et voulons réviser la stratégie», a précisé le vice-chef. En attendant, d’autres rencontres sont prévues avec Québec en vue d’en venir à la conclusion d’une entente de Nation-à-Nation. «Disons que tout s’est enchaîné depuis la visite du premier ministre.»

Cet automne, les Innus de Uashat mak Mani-Utenam avait rejeté à 54%, les ententes conclues entre le conseil, Québec et Hydro-Québec. Évalués à plusieurs dizaines de millions $, ces nouveaux accords auraient notamment mis fin aux différends entre la bande et la Société d’État pour la mise en chantier du projet hydroélectrique de la Romaine.

Le premier ministre du Québec, Jean Charest et le ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, Sam Hamad, en compagnie du Chef d’ITUM, Georges Ernest Grégoire.