Kathia Rock : une carrière artistique en pleine ébullition

Kathia Rock : une carrière artistique en pleine ébullition

Kathia Rock est accompagnée des participants qui ont pris part à cette résidence de création à Sainte-Lucie-des-Laurentides, du 7 au 12 janvier.

Crédit photo : Photo : André Lemelin

À peine revenue d’une résidence de création à Sainte-Lucie-des-Laurentides, Kathia Rock s’apprête à monter sur scène à l’Espace Libre, fin mars, et poursuit l’enregistrement de son premier album, qu’elle espère pouvoir lancer à l’automne 2018. Bien établie à Uashat, elle aura plusieurs séjours à effectuer à l’extérieur de la région au cours de cette année.

Cette résidence de création représente pour Kathia Rock la réalisation d’un vieux rêve qu’elle caressait depuis fort longtemps. «J’ai proposé ce projet il y a deux ans au Conseil des arts du Canada, dans le volet réconciliation. Quand j’ai su que la pleine subvention était accordée, j’étais très heureuse. Par la suite, il m’a fallu remettre en place toutes les ficelles et vérifier les disponibilités des artistes invités pour fixer une date, élaborer un horaire. Un heureux casse-tête. J’ai eu à repousser d’un an», explique-t-elle.

Au départ, les participants ont été invités à en savoir plus sur la culture autochtone, par le biais de divers ateliers. «Ces connaissances qu’ils ont acquises sont venues jeter les bases. Force est de constater que l’intérêt était là pour tous», enchaîne-t-elle. «Que l’on soit autochtone ou non, il y avait beaucoup à apprendre. De très beaux échanges en ont découlé.»

Afin de pouvoir profiter au maximum de cette expérience, l’artiste innue a choisi de se consacrer uniquement à la création. «Je ne me voyais pas occuper les deux rôles. J’ai délégué beaucoup de responsabilités et je ne regrette aucunement cette décision. J’avais pleinement confiance en mon équipe», ajoute-t-elle. «Bien entendu, il y a certains imprévus, mais tout s’est bien déroulé. C’était comme un beau fleuve qui coule.»

Durant ces cinq jours intensifs dans un chalet, plus de huit chansons ont été créées par les participants. Si tout se déroule bien, ils retourneront en studio en mars, afin qu’elles soient par la suite rendues disponibles sur les différentes plateformes de téléchargement. «Je suis très satisfaite du résultat obtenu. C’est au-delà de mes attentes», lance celle qui en profite pour souligner au passage la très grande polyvalence des artistes invités. Parmi eux, on retrouve Marc Déry, Geneviève Toupin, Bïa, Marco Calliari et Catherine Durand.

Un retour prochain au jeu

À la fin mars, Kathia Rock montera sur les planches de l’Espace Libre puisqu’elle figure à la distribution de la production «La cartomancie du territoire», dont la musique est signée par nul autre que Florent Vollant. Ces jours-ci, elle consacre une bonne partie de son temps à cette pièce, dans laquelle elle partagera la scène avec Marco Collin et Philippe Ducros qui en est l’auteur.

L’œuvre s’intéresse à notre rapport avec les réserves autochtones et les réserves naturelles. En quelque sorte, elle se veut une réflexion sur la colonisation du territoire. Elle prend la forme d’un road trip sur les routes 132 et 138. Elle comprend des témoignages et des réflexions intimes et géopolitiques autour de cette thématique qui demeure toujours autant d’actualité.

Puisqu’elle nourrit de front plusieurs projets, l’artiste n’est pas certaine qu’elle sera en mesure de lancer son album cet automne, même si elle se fixe toujours cet objectif. «Ça m’aura pris 20 ans pour en arriver là. Je préfère prendre le temps de bien faire les choses. Je ne veux pas me mettre de pression inutile. Je ne veux surtout pas refuser d’intéressantes opportunités à cause de cet engagement qui me tient assurément à cœur», lance-t-elle.