Jici Lauzon: Une surprenante polyvalence mise à contribution

Jici Lauzon: Une surprenante polyvalence mise à contribution

Présenté le 17 octobre à la Salle Jean-Marc-Dion, le spectacle «Drôle d’r» démontre bien les multiples facettes du talent de Jici Lauzon qui mène une carrière dans le milieu artistique québécois depuis 40 ans.

Crédit photo : Courtoisie

Artiste multidisciplinaire, Jici Lauzon s’amène sur la Côte-Nord pour la présentation de son spectacle «Drôle d’r» dans lequel il marie habilement la musique à l’humour : deux cordes qu’il a toujours eues à son arc.

Pour définir sa prestation,  Jici Lauzon utilise le qualificatif «stand-up chronique». «Il est chronique de vouloir parler et s’insurger contre certaines choses. J’ai aussi trouvé que le stand-up se rapproche de la chronique. C’est une réflexion sur ce que l’on fait tous les jours. J’ai toujours adoré faire de la chronique, surtout quand on me laisse carte blanche. J’aime prendre des notes et essayer de résumer ça aux gens, au meilleur de mes connaissances», lance-t-il.

Au même titre que l’humour, la musique a toujours occupé une place importante dans son parcours artistique. «Il était pour moi naturel d’intégrer de la musique à mon spectacle. Faire chanter les gens, c’est aussi valeureux que les faire rire, enchaîne-t-il. Dans mon spectacle, j’ai 80 extraits de chanson. Je les utilise pour raconter ma vie. Ça n’a rien d’un récital. J’ai beaucoup de plaisir à me promener du chansonnier au conteur.»

Sous le thème «Je me tire une bûche», il présente «Drôle d’r» comme un show de variétés. «Je veux faire rire les gens et les amener à chanter avec moi. Pour en arriver à un tel résultat, ça nécessite du travail, souligne-t-il. Quand je prends position sur un sujet, je sais que ça ne plaît pas à tout le monde. Cependant, je me compte chanceux de vivre dans un pays où la liberté de parole est une valeur fondamentale.»

Un nouveau départ

Absent des planches pendant plusieurs années, il constate qu’il doit en quelque sorte refaire ses preuves en humour pour rejoindre un nouveau public. «J’ai fait plein de choses, dont ouvrir un cabaret pour continuer à me produire en tant qu’humoriste. Il est vrai que les plus jeunes ne me connaissent pas en tant qu’humoriste. Ils m’ont surtout connu au petit-écran. Pendant toutes les années de Virginie, je me suis ennuyé de la scène», reconnaît-il.

De nature optimiste, il est loin de considérer cette situation comme un désavantage. «Mon public est plus vieux. Je trouve ça bien quand des vieux  amènent des plus jeunes à mes spectacles. Je peux ratisser plus large. Les sujets que j’aborde s’adressent à tous. C’est un bon moment pour se réunir. Je demeure quelqu’un d’assez drôle. Je n’apparais pas là par hasard à 63 ans, insiste-t-il. En matière d’environnement, on a tous le même âge, on boit la même eau, on respire le même air, on mange la même nourriture.»

En constante évolution

Dans les premières représentations de ce spectacle,  l’humoriste éprouve un réel plaisir à en peaufiner son contenu. «C’est ce que j’aime de ce métier que j’exerce depuis 40 ans. Je peux toujours ajuster le tir. En bout de ligne, tout ce que cherche c’est à amuser les gens. Oui, j’ai fait un saut en politique, mais je peux vous assurer que je suis beaucoup plus heureux en tant qu’artiste», avance-t-il.