Méchante claque. Le feu des Jardins de Chambord est le genre de drame qui fesse pour une communauté comme Sept-Îles. Je n’ai même pas besoin d’expliquer pourquoi, suffit de penser aux familles qui ont tout perdu. On parle de 47 personnes à la rue. Heureusement, la communauté a réagi rapidement et a été généreuse, certains ont même été magasiner pour les sinistrés. Sauf que… on les met où?!
Je viens de terminer la lecture de La jeunesse mélancolique et très désabusée d’Adolf Hitler, un roman de Michel Folco publié en 2010. Bien que ce ne soit pas son meilleur livre, il y a quand même un intérêt à lire sur l’enfance du FührerFuhrer, tout en ayant parfois un sentiment étrange, comme si notre cerveau avait peur de s’attacher au personnage principal.
On entend souvent ce type de phrases, comme quoi, parce qu’on est rendu en 2012, un comportement ne devrait plus exister. C’est dit comme si l’humain avait tant évolué depuis l’Antiquité. Comme si les réflexions d’Aristote ou de Socrate ou morales des récits d’Homère étaient rendues choses du passé, comme si les mêmes tourments ne nous frappaient pas encore, en 2012.
Le cadran sonne, il est 9h30, nous sommes le 30 décembre. Je suis chez mon père, profitant de quelques jours de congé dans la ville où j’ai grandi, Québec. Dans une heure, je dois partir vers Montréal pour aller voir des amis. Sauf que mon cerveau refuse de se réveiller, mes muscles sont mous et sans force, même après avoir pris une douche. Puis je me rends compte de ce qui cloche: une grosse fièvre. On annule tout et on ronfle toute le reste la journée. C’est comme ça que mon année 2011 s’est terminée.
Avez-vous vu le vidéo où des enfants reçoivent, en avance, des cadeaux de Noël volontairement poches? Il y a des moments cocasses. Comme cette petite fille qui se demande pourquoi sa maman lui a donné une sandwich. «Tu aimes la cuisine de maman d’habitude, non?» Et la petite fille répond oui, mais lorsqu’elle fait des ailes de poulet, pas des sandwichs! Sauf que ça dérape vite, quand les enfants se mettent à envoyer promener leurs parents, par exemple.
Il n’y a que lorsque j’ai demeuré à Fermont que j’ai eu un médecin de famille. Quelques mois après mon arrivée, j’ai dû voir un médecin pour je ne sais plus quelle raison. «T’as pas de médecin de famille? Appelle au centre de santé, ils vont t’en donner un» me disaient mes collègues et amis. J’étais un peu sceptique. Je n’en avais encore jamais eu, C’était pour moi un mythe, avoir un médecin de famille. C’était comme le Père Noël, le Bonhomme 7 heures ou Dracula, on en parle, mais on les voit jamais.
Je ne risque pas de vous tirer des larmes avec cette chronique. Je ne parlerai pas particulièrement du tristement célèbre cas de Saint-Anne-des-Monts. Je ne vous raconterai pas non plus avec moult détails l’année durant mon secondaire où j’ai été la cible de deux ou trois cons. En fait, pour être honnête, je m’étais promis de ne pas parler d’intimidation pour cette chronique. De ne pas embarquer dans le cirque.
C’est de bon ton de pointer du doigt le cynisme depuis un certain temps. Le cynisme serait à l’origine de tous les maux. Tout va mal parce que le public serait devenu cynique. Tout d’un coup, comme ça, comme si rien n’avait pu nourrir ce cynisme. Moi, je suis cynique, et je n’en ai pas honte.