Hydro-Québec branchera le village de La Romaine au coût de 114 M$

Hydro-Québec branchera le village de La Romaine au coût de 114 M$

Tracé préliminaire du futur réseau électrique vers La Romaine.

Crédit photo : Hydro-Québec

La Régie de l’énergie autorise Hydro-Québec à relier La Romaine et Unamen Shipu à son réseau électrique principal. Le projet de 114 M$ bénéficiera aussi à Kegaska.

Le raccordement sera effectué par la construction d’une nouvelle ligne de distribution de 34 kV longue de 112 km. La mise en service du projet est prévue au début de 2020. Le tracé exact de la future ligne n’est pas encore connu.

Trois sous-postes de distribution seront construits. Une ligne de distribution de 25 kV sur monopoteaux reliera Pointe-Parent au sous-poste de la rivière Natashquan. Une ligne de 34 kV sur portiques de bois, longue de 75 km, se rendra jusqu’aux sous-postes de Kegaska et de l’aéroport de La Romaine. Un dernier 7 km se branchera au réseau local de La Romaine.

La centrale thermique du village de La Romaine sera démantelée après le raccordement. Celle-ci est rendue désuète selon Hydro-Québec. Elle a été construite au début des années 1970 et peut fournir une puissance de 4,1 MW. Le coût du démantèlement n’est pas inclus dans les 112 M$ du projet de raccordement.

Le raccordement au réseau provincial ajoutera une marge de manœuvre de 500 kW au réseau de La Romaine, soit l’équivalent de 85 nouvelles résidences unifamiliales. Ce réseau dessert actuellement environ 400 abonnés.

Robustesse et environnement

Marc-Antoine Pouliot, porte-parole d’Hydro-Québec, décrit le projet.

«Les coûts de 112 M$, c’est en fonction de la robustesse de la ligne qu’on doit construire, explique-t-il. C’est des portiques des bois plus robustes pour faire face aux vents et au verglas. Le réseau de La Romaine, il va y avoir seulement une ligne pour l’alimenter. La robustesse du réseau dans des cas comme ça, c’est fondamental.»

M. Pouliot ajoute que Kegaska bénéficiera aussi du projet. En effet, le village est déjà branché au réseau provincial par une ligne sur laquelle il y a beaucoup de pannes. Elle va maintenant être aussi reliée par la nouvelle ligne de 34 kV.

«Ça va réduire considérablement les pannes là-bas», affirme-t-il.

Selon le document de présentation déposé par Hydro-Québec devant la Régie de l’énergie, la fermeture de la centrale thermique permettra une réduction des gaz à effet de serre. La centrale consomme 3,7 millions de litres de diesel par an et génère plus de 10 000 tonnes de CO2.

«Ce projet de raccordement vise à fournir à la communauté de La Romaine une source d’alimentation propre, fiable et au moindre coût», explique le document.

Autres scénarios

L’analyse économique présentée par Hydro-Québec dans son document de présentation estime que le projet retenu coûtera 136,8 M$ sur 30 ans. Cela inclut le démantèlement de la centrale thermique, les charges d’exploitation et les taxes.

Dans sa décision du 6 avril 2018 dont le Nord-Côtier a obtenu copie, la Régie de l’énergie s’est dite étonnée par l’évolution des coûts du projet. En effet, le scénario présenté en 2009 à la Régie se chiffrait à 32 M$.

Selon les informations de Marc-Antoine Pouliot et du document de présentation d’Hydro-Québec, le scénario de 2009 prévoyait le maintien en service de la centrale thermique actuelle. Or, la dégradation rapide de la centrale obligerait maintenant son remplacement. Ce scénario coûterait maintenant 151,8 M$.

Les autres scénarios principaux analysés par Hydro-Québec se chiffrent à 199,5 M$ et 206,3 M$ sur 30 ans.

Les constructions d’un parc éolien, d’un parc solaire et d’une petite centrale hydroélectrique sur la rivière Olomane ont aussi été envisagées, mais aucune de ces solutions ne permettait d’assurer un approvisionnement constant.

« [La solution retenue] est la plus avantageuse économiquement et sur le plan des impacts environnementaux, de la qualité du service et du respect des orientations stratégiques de l’entreprise», affirme Hydro-Québec dans son document de présentation.

Après examen du dossier, la Régie donne son aval au scénario préconisé par Hydro-Québec.

«L’ensemble de la preuve fournie [par Hydro-Québec] convainc la Régie que le raccordement du Village au réseau intégré constitue, dans les circonstances, la meilleure solution pour assurer son alimentation en électricité fiable », écrit la régisseuse Lise Duquette.