Gilles Deschamps ferme le rideau sur 50 ans de judo

Gilles Deschamps ferme le rideau sur 50 ans de judo

Gilles Deschamps avec une infime partie des filles qui ont fait partie de l'histoire des 50 premières années de l'Académie de judo de Sept-Îles.

Crédit photo : Courtoisie

D’un local de la rue Brochu, alors que le sport était encore marginal, jusqu’au dojo actuel du Centre socio-récréatif où sont tombés près de 10 000 judokas, l’Académie de judo de Sept-Îles et son membre fondateur, Gilles Deschamps, sont des figures notoires de l’histoire sportive de la ville. 100 ceintures noires, 25 médaillés internationaux, 150 médaillés nationaux, 1000 médaillés provinciaux et 50 ans de judo plus tard, le Sensei passe maintenant le flambeau de la véritable pépinière à médailles qu’il a lui-même mis sur pied.

C’est un professeur émotif et reconnaissant de tous ceux qui ont contribué de près ou de loin au succès de son académie qui s’est présenté en entrevue au bureau du Nord-Côtier. C’est que Gilles Deschamps venait de fermer le rideau sur 50 ans d’enseignement au sein de l’Académie de judo de Sept-Îles.

«Félicitations, Sensei Gilles, tu as enfin atteint le sommet! Il est maintenant le temps d’apprécier la vue!», pouvait-on lire dans un livre d’or qui lui a été remis lors de son dernier cours vers la fin mai.

Un dernier cours avec ses athlètes du groupe U12 pour Gilles Deschamps.

1962

C’est l’année durant laquelle l’Ottavien arrive à Sept-Îles, ville sportivement bipolarisée par la natation et le hockey. Pour situer le tout, à cette époque le Centre socio-récréatif se résumait à une piscine et un gymnase, et la base militaire de Moisie était active.

N’ayant jamais pratiqué le sport, le judo commence tranquillement à piquer la curiosité de Gilles Deschamps «Je trouvais ça intéressant le judo parce que c’était mystérieux. Il n’y avait pas grand monde qui pratiquait ça dans le temps. Ça avait l’air de quelque chose de bien», se rappelle-t-il.

C’est finalement une ballade anodine sur la rue Brochu qui le mènera vers son premier rendez-vous avec le judo, plus précisément avec le Club de judo de Sept-Îles, autrefois dirigé par Yvon Charron. Deschamps s’intègre rapidement au groupe et en devient un membre régulier.

Si les enseignements de Charron s’inspiraient alors majoritairement de la méthode française, l’arrivée du professeur Len Soifert tout droit débarqué du Japon et alors affecté à la base militaire de Moisie vient littéralement bousculer la pratique à l’intérieur du club.

«Il mesurait 6 pieds 2 et pesait près de 250 livres. Il avait réussi à passer sa ceinture noire au Japon. Pour nous, c’était vraiment quelque chose», se souvient Deschamps.

1966

Pendant que l’entraineur Soifert offre des cliniques de judo à Moisie, Deschamps et ses acolytes Martineau Bouchard et George Quessy s’étant liés d’amitié par l’entremise de leur passion commune pour le judo, font de même en établissant un club de judo à Sept-Îles, celui-ci mené par Charron.

En 1966, Charron et Soifert quittent la région. Deschamps met sur pied l’Académie en 1967.

Une photo qui a du vécu, Gilles Deschamps qui remet une ceinture à un judoka… en 1968.

1971

«En commençant, j’avais deux buts. Le premier but c’était d’avoir l’un des plus gros clubs au Québec parce que le judo n’était pas du tout populaire. Mon autre but c’était de rendre le judo aussi populaire que le hockey et la natation», relate celui qui alors devenait ceinture noire 1er dan.

C’est avec ces objectifs en tête que l’Académie de judo démarre. Il faut mentionner qu’à cette époque, elle  s’entrainait dans les gymnases des écoles, sur de grandes toiles installées par-dessus les tapis. Ces installations de fortune durent quelques années, jusqu’à ce que le maire Gallienne décide de faire une place au judo.

«Il m’avait dit «Monsieur Deschamps, quand on va rénover le Centre socio, on va vous appeler et vous allez venir nous dire ce que vous avez de besoin», raconte Sensei Gilles.

L’académie se pratique donc pendant cinq ans dans l’intimité de sa lointaine Côte-Nord avant de dépêcher sa première délégation de judokas à l’occasion des championnats provinciaux de 1971 à Laval. Résultat, trois médailles, dont deux d’or.

«De ce moment-là jusqu’à aujourd’hui, on a participé à tous les tournois provinciaux auxquels on a été appelé à participer. On n’en a jamais manqué un», avoue fièrement le coach Deschamps.

2017

Aujourd’hui il est venu le temps pour Gilles Deschamps de passer le flambeau. Celui qui a fait carrière à titre d’entraîneur de judo, surtout avec les jeunes, est fier de constater à quel point la plupart d’entre eux sont devenus des bons individus. L’Académie de judo est un club hautement réputé à travers le pays ce qui lui confère également une forte relève au niveau local.

Bientôt, Gilles Deschamps s’envolera pour la première fois au Japon afin d’y découvrir les origines de son art en compagnie de David Beaudin. Un voyage ultime qui couronne une carrière de 50 ans. Même s’il troque son judogi de coach pour revêtir celui d’élève, parions que les portes du dojo de l’Académie de judo lui seront éternellement ouvertes!