Frédéric Dupéré, un Septilien qui a travaillé sur Blade Runner 2049

Frédéric Dupéré, un Septilien qui a travaillé sur Blade Runner 2049

Même s’il s’ennuie parfois de la Côte-Nord, Frédéric Dupéré demeure toujours aussi passionné par l’animation 3D qui constitue son gagne-pain.

Crédit photo : Courtoisie

Dès son très jeune âge, Frédéric Dupéré s’est intéressé au milieu des effets spéciaux. Maintenant à l’emploi du studio Frame Store à Montréal, le Septilien compte plus de 27 productions hollywoodiennes à son actif.

Originaire de Sept-Îles, Frédéric Dupéré a quitté la région à l’âge de 18 ans pour poursuivre une formation en effets visuels. Une décision qu’il ne regrette aucunement. «J’avais cet intérêt depuis l’école primaire. Je savais que je voulais travailler dans ce domaine, mais à cette époque, je n’en connaissais pas les possibilités, confie-t-il. Quand je m’y suis lancé, ce domaine était en pleine effervescence.»

Peu de temps après sa sortie de l’école, le Septilien a réussi à faire ses premières armes dans ce milieu grâce à Sardine productions. Il a alors travaillé sur la réalisation du film d’animation «Mon poison rouge». À ses débuts, il s’est aussi intéressé au domaine des jeux vidéo, pour ensuite se tourner vers le cinéma. «Très rapidement, je me suis réorienté vers le 3D. J’ai découvert qu’il y avait là beaucoup plus d’opportunités», précise-t-il.

Même s’il considère avoir beaucoup appris sur le tas, ce Nord-Côtier reconnaît, somme toute, l’importance d’avoir une solide formation de base. «C’est un passage obligatoire. Il faut des connaissances de base. En même temps, on doit chercher constamment à se démarquer, ajoute-t-il. L’observation revêt toute son importance. Au fil des ans, j’ai pris de l’expérience dans ce milieu. Tout réside dans la persévérance.»

Une expérience marquante

Parmi les 27 productions hollywoodiennes sur lesquelles il a travaillé, Frédéric Dupéré a fait des décors numériques sur «Blade Runner 2049» de Denis Villeneuve que l’on peut voir présentement sur  grand écran. «J’ai eu à travailler sur une séquence de près de 10 minutes, explique-t-il. Je devais m’inspirer des tempêtes de sable à Sydney, en Australie. C’est ce qui servait de point de référence. C’est cette ambiance que l’on devait chercher à reproduire.»

En compagnie d’une centaine d’artisans, il a investi un bon 3 à 4 mois de travail intensif pour la réalisation de 4 plans. «Avec Denis Villeneuve, il y avait un standard de qualité. C’était une séquence stylisée avec un esthétisme particulier. Il fallait gérer toutes ces directives pour en faire quelque chose de beau. On transigeait surtout avec des superviseurs des effets visuels. De mon côté, je n’ai jamais eu à transiger directement avec le réalisateur», souligne-t-il.

Une stabilité acquise

Si l’on se fie à ces propos, cet as de l’animation n’a jamais connu de période morte sur le plan professionnel depuis l’âge de 20 ans. «J’ai toujours été très occupé. J’ai expérimenté plusieurs avenues dans ce domaine pour savoir ce qui me plaisait vraiment, enchaîne-t-il. J’ai finalement choisi le cinéma. Je suis maintenant à l’emploi de Frame Store. J’ai la chance d’avoir un emploi stable, même si je fonctionne surtout par contrat d’un an.»

La situation est propre à ce milieu dans lequel il a choisi de travailler. «Ça me permet de garder une certaine liberté et de choisir les projets sur lesquels j’ai réellement envie de travailler. J’aime le fait de pouvoir travailler sur des projets qui sont diversifiés. Je me sens aussi motivé qu’à mes débuts, mais beaucoup plus confiant. J’ai une assurance que je n’avais pas auparavant. Ça contribue au plaisir. C’est une autre source de motivation», affirme celui qui entame le travail sur les effets spéciaux d’une nouvelle adaptation au cinéma de Mary Poppins.