Fred Dubé: Sans compromis

Fred Dubé: Sans compromis

Une chose est certaine, Fred Dubé prend au sérieux son rôle d’humoriste et défend vivement la notion de liberté d’expression.

Crédit photo : Martin Girard

Actif dans le milieu de l’humour au Québec depuis plusieurs années, Fred Dubé accorde une très grande importance à la liberté d’expression. Reconnu pour son franc-parler et son propos engagé,  il refuse catégoriquement d’associer son nom à des causes mercantiles pour des raisons évidentes d’intégrité.

Des traits de personnalité qui semblent être devenus pour Fred Dubé, au fil des ans, une signature qu’il assume pleinement. «J’ai déjà expérimenté d’autres formes d’humour et ça fonctionnait plus ou moins. De manière naturelle, je revenais toujours à ce qui me préoccupe, à ce qui m’habite, à ce qui m’enflamme. C’était viscéral. Par hasard, je me suis retrouvé dans un terrain peu exploité. Je suis plus souvent désengagé qu’engagé. On m’a mis deux fois à la porte de ICI Radio-Canada», déplore-t-il.

Toujours aussi vif d’esprit, il considère que le milieu humoristique au Québec manque cruellement de diversité. «Il y a trop d’humoristes pareils. Il y a trop de gens médiocres. On a beaucoup de comiques, mais très peu d’humoristes, soulève-t-il. On représente un monde fini sur du fini. On engraisse des stéréotypes. Selon moi, l’humoriste est là pour ouvrir des barrières, amener les gens à réfléchir sur les travers de la société. Il est dans son devoir de repousser constamment les frontières.»

De profondes convictions

En aucune situation, l’humoriste veut s’associer à la vente de produits, mais il accepte volontiers de le faire pour des causes humanitaires. «Je veux utiliser la tribune qui est mise à ma disposition à bon escient. Je veux surtout et avant tout agir en fonction de mes valeurs. Il y a un certain fétichisme à l’argent et une quête de célébrité à laquelle je n’adhère pas. Une culture du vide. S’il y a encore de la révolte dans la société, c’est qu’il y a là une lueur d’espoir», tient-il à préciser.

Originaire de Rimouski, Fred Dubé ne retire que du positif de son passage à l’École nationale de l’humour où il a gradué en 2005 en création humoristique. «Ce n’est pas un parcours obligatoire, mais ça m’a apporté un bon bagage. Je me suis remis en question. Ça m’a fait comprendre que l’humour c’est du sérieux. Ce n’est pas simplement relié au fait d’écrire des jokes. Ça demande de la rigueur», affirme-t-il.

Le spectacle «Anarcho Taquin» de Fred Dubé fera l’objet d’une représentation, le 11 mars à 20h dans le hall d’entrée du Cégep de Sept-Îles. Un rendez-vous des Oreilles dégourdies. Une formule de spectacles qui découle d’un partenariat entre la Salle Jean-Marc-Dion, le Cégep de Sept-Îles, le restaurant St-Hubert, Numérik Solutions d’affaires et ICI Radio-Canada.