Épave d’un hydravion: Conclusion d’un chapitre historique

Les troupes du JPAC ont débarqué à Longue-Pointe-de-Mingan, le 11 juillet afin d’effectuer les fouilles d’un hydravion de l’armée américaine, échoué en 1942, et de rapatrier la dépouille des soldats morts dans l’accident.

Plus de 70 ans après l’accident, les troupes du capitaine Russel Grigsby, vont enfin pouvoir rapatrier les soldats sur leur terre natale et permettre aux familles de leur offrir des funérailles en bon et due forme. Le sénateur Michel Rivard, représentant le ministre de l’Environnement, Peter Kent, souligne l’importance de l’évènement.

«Ce moment témoigne de la collaboration, entre le Canada et les États-Unis durant la Seconde Guerre mondiale. Le gouvernement du Canada fera tout ce qu’il peut pour aider le JAPC», a-t-il déclaré.

Le capitaine et son équipe sont honorés d’être présents à Longue-Pointe-de-Mingan. Il s’agit de la toute première mission de récupération subaquatique effectuée au Canada par l’armée américaine. Le maire de Longue-Pointe-de-Mingan, Jean-Luc Burgess, a informé l’équipe de soldats de l’entière collaboration de la municipalité. «Nous avons répondu présents à l’appel lancé en 1942, et nous répondons encore présents aujourd’hui», a-t-il déclaré.

L’équipe chargée des fouilles
L’équipe de récupération est composée de 50 personnes, dont des spécialistes du JAPC, des membres de l’équipage du navire USNS Grapple et de 18 plongeurs. La mission durera une période de 30 jours. Les militaires rechercheront les restes humains, des articles de survies et toute autre preuve matérielle pouvant faciliter l’identification des dépouilles.

La position de l’épave est située à environ deux kilomètres des côtes du village de Longue-Pointe, à 100 mètres de profondeur dans les eaux du Saint-Laurent.

Les témoignages
L’hydravion avait sombré le 2 novembre 1942 après plusieurs tentatives de décollage sur les eaux agitées du fleuve. L’appareil s’est fissuré en heurtant une vague, puis s’est rempli d’eau. Quatre membres de l’équipage étaient restés prisonnier à l’intérieur de l’appareil. Bien que l’histoire était légendaire à Longue-Pointe-de-Mingan, ce n’est qu’en 2009, à la suite de travaux sur le site, que des plongeurs de Parcs Canada ont découvert l’épave.

Joséphine Vibert, témoin de l’accident, n’avait que 17 ans au moment des faits. «Ça a été épeurant, l’avion s’est pris des vagues et a coulé. Mon mari a tenté de les secourir, mais ils n’ont pas pu tous être sauvé», a-t-elle racontée très émue. Elle se souvient que la présence américaine dans le village avait été primordiale pour la communauté. «Ils nous ont apporté la richesse», a-t-elle déclaré.

Le maire de Longue-Pointe a lui aussi rappelé l’importance pour la municipalité de cette collaboration. «Leur présence a contribué à un boum économique, et il y a eu des beaux moments de partage avec les habitants, comme des sorties, et des spectacles. Au moment du drame, les gens que de Longue-Pointe n’ont pas hésité, à se jeter à l’eau», s’est-il exclamé.

La volonté de se souvenir
Le gouvernement du Canada, la municipalité de Longue-Pointe-de-Mingan, l’armée américaine, Parcs Canada, sont unanimes sur leur volonté de rendre hommage aux soldats et de faire connaître auprès du grand public cet évènement historique. «Nous allons sortir les restes humains de l’hydravion, mais nous voulons préserver le lieu qui fait partie de la culture locale», a déclaré le capitaine Grigsby.

Le directeur de Parc de l’Archipel-de-Mingan, Robin Lessard, explique que des projets attractifs sur cet évènement sont en cours de préparation. «Nous souhaitons mettre en valeur ce fait historique, nous avons plusieurs idées, comme faire des vidéos sur le travail des plongeurs ou même mettre en place un bureau d’accueil», a-t-il déclaré.