Décès du pilote Frédérick Décoste et Bob Bissonnette: la vitesse et l’altitude en cause

Décès du pilote Frédérick Décoste et Bob Bissonnette: la vitesse et l’altitude en cause

Frédérick Décoste est décédé aux commandes d’un hélicoptère en septembre 2016. L’un des passagers, le chanteur Bob Bissonnette, a lui aussi péri.

Crédit photo : BST du Canada

Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a déterminé que la basse altitude et la vitesse auxquelles volait l’hélicoptère du pilote septilien Frédérick Décoste ont causé l’écrasement qui a emporté sa vie et celle du chanteur Bob Bissonnette dans la rivière Restigouche en septembre 2016.

Frédérick Décoste, âgé dans la mi-trentaine, était pilote privé pour le Groupe Vertdure de Québec. Dans l’après-midi du 4 septembre 2016, le pilote était aux commandes d’un hélicoptère Bell 206B. Le chanteur et ex-hockeyeur professionnel Bob Bissonnette, ainsi que Michel Laplante, président-directeur général du club de baseball les Capitales de Québec, étaient passagers de ce vol devant relié Charlo, au Nouveau-Brunswick, à Rivière-du-Loup.

L’hélicoptère est entré en collision et a coupé des lignes de transport d’électricité traversant la rivière Restigouche, près de Flatlands au Nouveau-Brunswick. L’appareil a alors subi «des dommages catastrophiques, puis s’est écrasé dans la rivière», explique le BST dans son rapport, rendu public le 25 octobre. Frédérick Décoste et Bob Bissonnette ont subi des blessures mortelles, alors que Michel Laplante a survécu, étant aidé par des témoins pour atteindre la rive.

Altitude «risquée»

Selon les conclusions du BST, la basse altitude et la vitesse de l’hélicoptère «rendaient les lignes de transports d’électricité difficiles à voir et à éviter». Ces lignes ne sont pas balisées, mais Transports Canada a déterminé à la suite de l’accident que le balisage et l’éclairage n’étaient toujours pas nécessaires à cet endroit.

L’agence fédérale affirme qu’il est «probable» que Frédérick Décoste «ne savait pas que des lignes de transports d’électricité traversaient la rivière». Le BST rappelle toutefois que «voler intentionnellement en basse altitude est risqué», surtout «sans planification avant vol».

Doutes sur ses facultés physiques

Un examen toxicologique post-mortem a révélé la présence de «cannabinoïdes» dans le corps de Frédérick Décoste. Il s’agit d’une substance toxique présente en grande quantité dans le cannabis, mais le corps humain en sécrète aussi naturellement. Le BST indique aussi que le pilote aurait eu «peu d’occasions de dormir avant le vol».

Les preuves sont trop minces pour le BST pour «tirer des conclusions» sur «l’affaiblissement» des facultés du Septilien lors de l’accident, ni sur le moment où des cannabinoïdes auraient été consommés. L’agence fédérale rappelle toutefois que la consommation de cannabis et la «fatigue aiguë» due à un manque de sommeil peuvent «réduire» le «rendement» et «l’aptitude à prendre des décisions» d’un pilote.