Un conte en la mémoire de Fay  

Un conte en la mémoire de Fay   

Karine Lizotte a déjà écoulé près de 500 copies du conte en hommage à sa fille.

Crédit photo : (Photo : Le Nord-Côtier)

Un peu plus d’un an après le décès inattendu de Fay Elie, 7 ans, qui s’est effondrée devant l’école Camille-Marcoux en octobre 2016, sa mère a publié un conte en sa mémoire. C’est ce qui a redonné le goût de mordre dans la vie à la mère de famille,  suite à ce drame inimaginable qui a frappé sa famille sans crier gare.

Fay Elie se rendait avec des copines à une soirée disco de son école le 7 octobre 2016, lorsqu’elle s’est soudainement effondrée au sol. Elle est morte en tenant la main de sa mère quelques heures plus tard, à l’hôpital de Sept-Îles.

Les résultats préliminaires de l’enquête du coroner laissent présager qu’une malformation cardiaque est à l’origine de la mort subite de la fillette de 7 ans. Son départ inattendu a fait basculer l’univers de son petit frère Léo, de sa petite sœur Rose et de ses parents Karine Lizotte et Martin Elie. Il fallait retrouver le goût de vivre.

Fay était une grande créatrice. Il ne se passait pas un jour sans qu’elle ne crée quelque chose. Un dessin, une histoire, elle faisait même de la couture. Sa mère et elle avaient comme projet de faire un conte pour enfants.

«C’est quelque chose que je voulais faire, mais on ne prend jamais le temps. Ce genre de drame nous ramène à l’essentiel : prendre le temps de profiter du moment présent», a dit Karine Lizotte.

La mère de famille a encore en mémoire une discussion marquante tenue avec Fay, deux semaines avant son départ. La fillette demandait à sa mère «qu’est-ce qu’elle aimait?».

«Je lui avais répondu : toi, ton frère, ta sœur, ma famille…Mais elle avait insisté : ‘’mais qu’est-ce que tu aimes faire maman?’’. C’est resté tellement ancré en moi cette discussion», a dit Mme Lizotte, qui a décidé d’aller au bout du projet en l’honneur de sa fille. «Aujourd’hui, je l’écoute. Je fais ce que j’aime et ça me fait du bien. Depuis que j’ai eu le livre entre les mains, je me sens revivre et mon psy m’a donné mon congé. C’est un état d’esprit que je ne pensais pas ravoir : avoir le goût de mordre dans la vie», a-t-elle confié.

Fay et l’attaque à quatre pattes

Karine Lizotte n’avait aucune compétence en termes de publication et de rédaction de livre. De fil en aiguille, elle a rencontré une graphiste et fait affaire avec une compagnie d’édition pour elle-même, produire le conte : Fay et l’attaque à 4 pattes. Elle a sélectionné des œuvres parmi les milliers de dessins réalisés par Fay pour créer l’histoire.

Le conte est en vente au coût de 15$ et 10% des fonds récoltés iront à la cause des familles touchées par la mort subite d’un enfant. Au cours de son expérience, la famille Lizotte a été à même de constater un manque de ressources pour les familles éprouvées par ce genre de drame.

«On a eu la chance que des gens fassent des levées de fonds pour nous et les gens de Sept-Îles ont été tellement généreux, mais ce n’est pas tout le monde qui a un réseau. Je veux que les fonds aient directement aux familles lorsqu’il y a un besoin, pour éviter les retours au travail prématurés parce que tu ne peux pas payer ton compte d’Hydro. Tu as besoin d’un arrêt», a dit Mme Lizotte.

Lecture aux élèves

Avant le congé des Fêtes, Karine Lizotte est retournée à l’école de Fay pour lire le conte aux élèves, notamment dans la classe où Fay aurait dû être. Une des professeures de Fay en a profité pour lui remettre des photos de la fillette prises à l’école. «J’ai pleuré, ça m’a fait un choc de voir des nouvelles photos d’elle. C’était des nouveaux souvenirs même après son départ», a dit Mme Lizotte.

Les enfants ont été captivés par l’histoire du conte.

«Je suis tellement contente de voir qu’elle vit à travers tout ça, que les gens vont continuer de dire son nom», a dit Karine Lizotte.