Collectif pour un Québec sans pauvreté: Une tournée complétée avec succès dans la région

Collectif pour un Québec sans pauvreté: Une tournée complétée avec succès dans la région

Près d’une dizaine de femmes ont pris part à cette activité du Collectif pour un Québec sans pauvreté, le 9 avril.

Crédit photo : Courtoisie

Dans le cadre de sa tournée provinciale, l’équipe du Collectif pour un Québec sans pauvreté a effectué une escale à Sept-Îles, le 9 avril. Une occasion de présenter son plan d’action illustré qui met de l’avant cinq cibles d’action prioritaires pour enrayer la pauvreté.

Les solutions proposées par le Collectif pour un Québec sans pauvreté dans son plan d’action de lutte contre la pauvreté consiste en l’augmentation des prestations sociales, du salaire minimum, la lutte aux préjugés, l’accès à des services publics universels et de qualité, ainsi que la réduction des inégalités socioéconomiques. Des enjeux sociaux sur lesquels les participants ont été invités à se prononcer.

En raison du fait qu’il ait reporté le dépôt de son plan d’action en la matière à plusieurs reprises jusqu’à maintenant, la porte-parole de cet organisme provincial, Virginie Larivière, considère que l’inaction du gouvernement en la matière vient démontrer le peu d’importance qu’il accorde à cette problématique sociale. «Ça ne semble vraiment pas être l’une de ses priorités. On est face à un gouvernement qui vient d’adopter le projet de loi 70 qui force certaines personnes sur l’aide sociale à se soumettre à des mesures d’employabilité sous crainte de voir leurs prestations réduites considérablement», déplore-t-elle.

De lourds impacts

Selon elle, l’application de cette loi ne fait qu’augmenter les inégalités sur le plan social et renforcer les préjugés à l’égard des prestataires de l’aide de dernier recours. «À la base, les intentions du gouvernement peuvent être nobles et légitimes, reconnaît-elle. Cependant, une personne sur l’aide sociale n’arrive même pas à couvrir ses besoins de base. Plus de 10% des gens qui ont recours au service des banques alimentaires occupent un emploi. C’est une situation préoccupante qui mérite d’être prise en considération.»

Une situation qui amène le gouvernement à recourir davantage aux multiples services offerts par les  organismes communautaires. «On tend à pelleter dans le communautaire. Le financement ne suit pas. Ça fait en sorte qu’on roule constamment dans l’indignation. Il est faux de dire que les mesures d’austérité n’ont pas eu d’impacts. Ce sont toujours aux mêmes personnes que l’on demande de serrer la ceinture. Ça donne lieu à des situations d’une très grande indécence», lance-t-elle.

Un modèle à revoir

La représentante du Collectif pour un Québec sans pauvreté considère que le travail saisonnier constitue un facteur qui engendre de la pauvreté. «Les gens ont à travailler sur des horaires de fou en été pour faire leur timbre de chômage. De plus, ils s’attendent à un retour d’impôt important au printemps pour en arriver à subvenir à leurs besoins d’ici la reprise de leur emploi. Ils n’ont aucune marge de manœuvre sur le plan financier. Ça les place dans une situation de vulnérabilité.»

Comme plusieurs, Virginie Larivière demeure convaincue qu’il n’existe en fait aucune solution magique pour lutter contre la pauvreté. Si tel était le cas, elle invite fortement les gens à s’en méfier. «Il faut surtout miser sur le bien-être collectif et non sur le bien-être individuel. L’économie ne devrait pas être mise en priorité sur le social. C’est le cas dans le discours actuel du gouvernement. Une chose est certaine, la mise en place de notre plan d’action serait déjà un pas dans la bonne direction», affirme-t-elle.

Le Collectif pour un Québec sans pauvreté regroupe 35 organisations nationales québécoises, populaires, communautaires, syndicales, religieuses, féministes, étudiantes, coopératives ainsi que des collectifs régionaux dans la plupart des régions du Québec.