Atelier de la 8e île : le projet d’une vie pour Johanne Roussy

Atelier de la 8e île : le projet d’une vie pour Johanne Roussy

De nature excentrique, Johanne Roussy entend continuer à investir des efforts colossaux pour rendre l’Atelier de la 8e île plus attrayant, autant auprès des artistes que de la population.

Crédit photo : courtoisie

Situé sur l’ancienne base de villégiature à la pointe de Moisie à Sept-Îles, l’Atelier de la 8e île est un lieu que Johanne Roussy met à la disposition d’autres artistes et qu’elle utilise pour mettre la population en contact direct avec l’art, sous toutes ses formes. Cette mission sociale lui tient grandement à cœur. 

Depuis environ 15 ans, Johanne Roussy  a fait l’acquisition d’outils de qualité qu’elle se fait un plaisir de mettre au service des artistes qui effectueront une résidence de création à cet endroit. «Ce projet est un investissement personnel. J’y ai mis toutes mes économies. Cela fait partie de moi. J’ai souffert de la fermeture de Gagnon, dans les années 80. J’ai toujours eu besoin d’être stimulée. J’y arrivais par le biais de la culture. Je veux que les gens arrivent à comprendre qu’être artiste est un métier», lance-t-elle.

Dans son essence, ce lieu revêt une fonction communautaire que l’artiste multidisciplinaire tient absolument à conserver. «Tous les artistes que j’y reçois ont l’obligation de communiquer avec la population. J’accorde beaucoup d’importance à la transmission du savoir, souligne-t-elle. Ça devient un véritable point de rassemblement. Je fais tous ces travaux pour être en mesure de les accueillir plus convenablement. »

À compter du printemps 2018, une résidence secondaire comportant pas moins de quatre chambres et une cuisine aménagée sera mise à la disposition des artistes qui effectueront une résidence de création à cet endroit. «J’y mettrai la touche finale à l’automne, avant de poursuivre mes études. J’entends allonger la période d’ouverture de l’Atelier de la 8e île. Il pourra être utilisé à d’autres périodes dans l’année. C’est-à-dire, pas uniquement en été comme c’est le cas présentement», indique-t-elle.

Un appel à tous

Pour l’aider à effectuer ces travaux de rénovation devenus nécessaires pour accueillir convenablement les artistes invités, Johanne Roussy s’est décidée à solliciter l’aide de la population par le biais d’une campagne de sociofinancement sur GoFundMe : L’Atelier de la 8e île à besoin d’amour. «C’est une façon pour moi de savoir si ce projet est voulu par la population. Je pourrais très bien me tourner vers l’aide gouvernementale, mais je ne le désire pas», soutient-elle.

L’artiste multidisciplinaire cherche ainsi à récolter de 5 000 à 6 000$ auprès de la population. «C’est un montant dérisoire. Il faut dire que je fonctionne beaucoup avec des matériaux recyclés. Le soutien que je reçois est très souvent non monnayable, mais il a une valeur inestimable, enchaîne-t-elle. Oui, il y a encore de l’entraide en 2017. Ceux qui m’ont mis des bâtons aux roues m’aident aujourd’hui. Ils ont compris la raison d’être de l’Atelier de la 8e île.»

Parmi les moyens utilisés pour récolter ces fonds, un souper-bénéfice fruit de mer aura lieu au Musée Shaputuan, le 19 août, à compter de 18h. Une soirée durant laquelle la poésie et la musique seront à l’honneur. Le jour même, dès midi, des œuvres d’art seront aussi mises à l’encan dans le hall d’entrée. Les billets sont en vente au coût de 40$ auprès de Johanne Roussy, par téléphone au 418 350-0101 et sur sa page Facebook.