Anticosti en manque de ravitaillement alimentaire

Anticosti en manque de ravitaillement alimentaire

Le navire Bella Desgagnés.

Crédit photo : courtoisie

Depuis novembre, l’Accommodeur Malouin d’Anticosti a vécu plusieurs retards de livraison de la part du Bella Desgagnés, l’unique bateau de ravitaillement se rendant sur l’île.

Mardi, cela faisait deux semaines que l’Accommodeur Malouin, un magasin général d’Anticosti, avait reçu sa dernière livraison.

Nick Malouin, propriétaire du magasin, s’attendait finalement à recevoir sa livraison mardi soir, soit une semaine plus tard.

L’insulaire craignait pour l’état de ses aliments. «On va recevoir de la marchandise, mais tout ce qui est périssable risque de ne plus être bon. Le pain par exemple, c’est sûr qu’il n’est plus bon.»

Après son déchargement à Port-Menier mardi, le Bella Desgagnés prévoyait faire un aller-retour à Sept-Îles afin de rapporter une autre livraison de ravitaillement sur l’île mercredi et ainsi reprendre le retard accumulé.

«En l’espace de 24 heures, on va recevoir l’équivalent de deux semaines de commandes», indique le dirigeant. Selon lui, depuis novembre, les retards de livraison du Bella Desgagnés sont fréquents.

Pertes

M. Malouin avoue que cette situation représente des pertes importantes pour son commerce, puisque plusieurs produits commandés ne trouveront pas preneurs. Aussi, la diminution de l’achalandage à l’intérieur de son magasin affecte fortement ses revenus. «Quand les gens viennent acheter du lait, il n’est pas rare qu’ils repartent avec autres choses au final. Donc, les pertes sont plus larges que seulement la nourriture perdue», estime le propriétaire.

Le commerçant songe à demander un dédommagement de la part de Relais Nordik, la compagnie qui gère le Bella Desgagnés.

Mauvaises conditions météorologiques

Rejoint par téléphone, le PDG de Relais Nordik, Francis Roy, explique que les conditions météorologiques qui frappent l’Est du Québec depuis le début du mois de novembre ont poussé son organisation à prendre des décisions difficiles.

«En raison des conditions météorologiques, on a pris la décision de se réfugier à Havre-Saint-Pierre. On espérait avoir une fenêtre pour aller à Port-Menier, mais on ne l’a pas eue. On a donc pris la décision de continuer vers la Basse-Côte-Nord pour faire le plus de ports possible.» Certains passagers du Bella Desgagnés ont même dû attendre jusqu’à Blanc-Sablon avant de pouvoir voyager jusqu’à l’île d’Anticosti, via un vol nolisé fourni par Relais Nordik.

Manque de communication

Nick Malouin déplore le manque de communication entre l’équipe de Relais Nordik et les commerçants. Selon lui, ils n’ont jamais été avertis lorsque la décision de continuer vers la Basse-Côte-Nord au détriment de l’île a été prise.

Du côté de Relais Nordik, on admet que la communication avec la clientèle est une lacune à laquelle l’entreprise devra remédier. «Parfois, c’est difficile parce que les décisions sont prises dans le milieu de la nuit ou la fin de semaine. Mais on ne s’en cache pas qu’il faut trouver un moyen de mieux communiquer avec nos clients», précise M. Roy.

Le PDG confirme que des discussions sont actuellement en cours avec la société des traversiers du Québec pour trouver des solutions à cette problématique.