Aleksandra Vollant Cormier: Le milieu musical autochtone perd une étoile montante

Aleksandra Vollant Cormier: Le milieu musical autochtone perd une étoile montante

Même si elle s’est éteinte trop tôt, le passage d’Aleksandra Vollant Cormier restera gravé très longtemps dans la mémoire et dans le cœur de plusieurs personnes qui l’ont côtoyé autant à titre d’artiste que personnel.

Crédit photo : Facebook

Uashat mak Mani-Utenam – Décédée subitement à l’âge de 30 ans le 21 février, Aleksandra Vollant Cormier a visiblement réussi à laisser sa trace à la suite de son trop court passage sur terre, si l’on se fie aux commentaires de ses proches.  

La mère d’Aleksandra Vollant Cormier, Adéline Vollant, appréciait la joie de vivre de sa fille. «Elle adorait vraiment la vie. Elle aimait ses deux enfants. Ils étaient sa priorité, indique-t-elle. Nous étions très proches l’une de l’autre. Elle était très moqueuse. Elle aimait rire. Quand elle entrait dans une pièce, on la remarquait. Quand on se promenait aux Galeries Montagnaises, les gens étaient nombreux à aller vers elle pour lui parler.»

En tant qu’auteur-compositeur-interprète, elle nourrissait le rêve d’en arriver à lancer un premier album. Un projet qu’elle souhaitait concrétiser tout en tenant compte de ses racines autochtones. «La langue était pour elle très importante. Elle voulait travailler à sa survie. Elle voulait qu’on parle davantage de notre culture. C’était une valeur primordiale. Elle chantait ses états d’âme. Beaucoup d’émotion s’en dégageait», affirme sa mère, visiblement ébranlée.

Sans être pour autant de nature réservée, le chant représentait pour la jeune femme une manière efficace de s’extérioriser. «Elle souhaitait vraiment faire carrière dans le milieu musical. Elle avait mis cela en veilleuse pour prendre soin de ses enfants, renchérit Mme Vollant. Elle arrivait à improviser facilement des paroles de chansons. C’était aussi impressionnant. C’était pour elle une manière de s’exprimer. Elle avait véritablement des amis partout.»

Une artiste déterminée

Parmi les fondateurs du Festival Innu Nikamu, Réginald Vollant est l’oncle d’Aleksandra Vollant Cormier. Il souligne l’avoir côtoyé beaucoup plus en tant qu’artiste. «Elle avait une volonté remarquable. Ça ne date pas d’hier. Elle s’est mise à chanter très jeune, confie-t-il. Elle en a fait beaucoup pour arriver à percer dans ce milieu. Elle saisissait chacune des opportunités qui lui étaient offertes.»

C’est sûrement ce qui a amené sa nièce à prendre part à des auditions pour Star Académie et à participer à la troisième mouture de l’émission le Rythme sur APTN. «Au fil des ans, elle a eu la chance de collaborer avec des artistes autochtones provenant de diverses nations, ajoute-t-il. On sollicitait très souvent ses services. Ils appréciaient réellement sa détermination. À chacune de ses participations au Festival Innu Nikamu, elle s’est démarquée. Elle était réellement une figure marquante du milieu musical autochtone.»

Un pair ébranlé

Matthew Vachon (alias Matiu) est attristé du départ d’Aleksandra Cormier Vollant qu’il a eu la chance de côtoyer dans l’émission Le Rythme. Il ne conserve que de bons souvenirs de leurs multiples contacts. «Je la connais depuis toujours. On a le même âge. Nous n’étions pas des amis proches. Elle était une passionnée comme il s’en fait peu. Elle était authentique, toujours positive, à l’écoute des autres. Il m’est difficile de trouver les bons mots pour la décrire. Je compte lui rendre un court hommage lors de ma prestation au Festival des Hivernants», lance-t-il.